« Que du positif » : face à Sony, le patron de Football Manager défend le Game Pass

 

Quelques jours après les propos très négatifs tenus par Jim Ryan (dirigeant de PlayStation), à propos du Game Pass et des plateformes concurrentes, Miles Jacobson (patron de la licence Football Manager), donne pour sa part un avis rigoureusement contraire sur les services d'abonnements.

Une partie du grand catalogue Xbox Game Pass // Source : Microsoft

À l’occasion d’un entretien accordé à Eurogamer, Miles Jacobson, directeur de Sports Interactive, studio à l’origine la licence de gestion Football Manager, s’est dit très satisfait des services d’abonnement type Game Pass. Cette prise de parole, particulièrement positive à l’égard de ces services de plus en plus populaires dans la sphère gaming, fait office de réponse aux propos radicalement contraires de Jim Ryan, patron de la division PlayStation chez Sony.

Il y a quelques jours, dans le cadre d’une audition menée par la FTC (Federal Trade Commission), l’intéressé indiquait en effet que les services par abonnement étaient néfastes pour l’industrie et les éditeurs. « J’ai parlé à tous les éditeurs, et ils sont unanimes pour dire qu’ils n’aiment pas le Game Pass parce qu’il est destructeur de valeur », avait ainsi assuré Jim Ryan, ajoutant que le « modèle économique du Game Pass semble poser quelques problèmes ». « Microsoft semble perdre beaucoup d’argent avec ce système », avait-il poursuivi.

L’occasion de rappeler que Sony est actuellement en désaccord frontal avec Microsoft sur son projet de rachat d’Activision… surtout concernant l’avenir de la licence Call of Duty (très populaire sur PlayStation) et de son intégration éventuelle au Game Pass de Microsoft dans le cas d’une acquisition d’Activision. Présentement, Sony a donc tout intérêt à critiquer le service de Microsoft.

Le patron des Football Manager aime le Game Pass

Reste que Miles Jacobson donne pour sa part un son de cloche très différent de celui du patron de PlayStation, expliquant notamment que les services d’abonnement, dont le Game Pass, lui ont apporté « rien d’autre que du positif ». Le dirigeant de Sports Interactive admet néanmoins que chaque cas est différent. « Chaque studio aura des opinions différentes à ce sujet », a-t-il expliqué à Eurogamer, « et chaque studio aura des données différentes, parce que différents jeux fonctionnent bien dans différentes situations. Pour nous, il n’y a que du positif sur ces plates-formes ».

« Sega [éditeur de la licence Football Manager, NDLR] a fait un gros pari avec nous il y a quelques années, et ses actionnaires — aussi bizarre que cela puisse paraître — devraient être récompensés pour cela. Nous n’avons donc pas tendance à conclure des accords qui sont mauvais pour l’une ou l’autre partie de l’entreprise », a ajouté Miles Jacobson.

Les différents modèles de Xbox Series // Source : Microsoft

Mais les chiffres globaux donnent (plutôt) raison au patron de PlayStation

D’un point de vue plus global, les chiffres semblent toutefois donner plutôt raison au patron de PlayStation. Il y a quelques mois, Microsoft reconnaissait par exemple lui même que le Game Pass avait une tendance prononcée à cannibaliser les ventes de jeu à l’unité sur PC et Xbox.

On apprenait également il y a peu, cette fois d’un cabinet d’analyse, que même si Microsoft se dégage beaucoup de revenus grâce au Game Pass, l’abonnement ne constituerait pas un modèle économique viable sur le long terme.

« Si l’on fait le calcul, le Game Pass génère probablement trois fois les revenus que Nintendo Switch Online génère actuellement, et se rapproche probablement des revenus de PlayStation+ en raison de son prix plus élevé », rapportait ainsi DFC Intelligence… avant de préciser que « Microsoft donne beaucoup pour générer ces revenus », et que « cela ne semble pas être un modèle d’entreprise durable à long terme ».