Comment cette simple décision de la Chine pourrait bouleverser le marché mondial de la voiture électrique

 
Le gouvernement chinois vient de dévoiler les contours de son plan stratégique pour les cinq prochaines années. Surprise, les voitures électriques en sont désormais exclues, en raison notamment de la saturation du marché. De quoi imaginer un chamboulement de ce marché.
Usine BYD au Brésil // Source : BYD

Les constructeurs automobiles chinois sont très nombreux sur le marché. Et pour cause, on en compte actuellement plus de 150, dont une grande partie sont tout à fait inconnus en Europe. Mais dans les faits, tout n’est pas rose, bien au contraire, puisque seulement deux sont rentables. Il s’agit de BYD, numéro 1 mondial de la voiture électrique, et Li Auto, qui tire son succès de ses voitures électriques à prolongateur d’autonomie.

Un véritable coup de tonnerre

Les autres arrivent en fait surtout à survivre grâce aux subventions accordées par le gouvernement chinois. C’est d’ailleurs ce qui leur permet d’afficher des prix très bas, ce qui déplaît fortement à l’Union Européenne. Elle a ainsi mis en place des droits de douane sur les autos électriques produites en Chine, afin de les punir pour cette concurrence jugée déloyale. Car en attendant, le soutien financier de Pékin incite les marques à lancer de plus en plus de modèles et de pratiquer une « guerre des prix » incontrôlable.

La marque Neta a déjà fait faillite // Source : Neta

Le gouvernement chinois avait déjà tenté de mettre le holà sur tout ça, en réglementant les exportations de voitures d’occasion zéro-kilomètre. Le but ? Sanctionner les ventes tactiques, qui visent à gonfler artificiellement les chiffres. Mais ce n’est pas tout, car il vient de prendre une décision particulièrement radicale, comme l’annonce l’agence de presse Reuters. Pékin a récemment dévoilé son plan stratégique pour les cinq prochaines années, de 2026 à 2030. Et pour la première fois, la voiture électrique est exclue.

Cette mesure est un véritable coup dur pour l’industrie automobile, alors que les VE faisaient partie de ce plan depuis plus d’une décennie. Tous les véhicules à énergie nouvelle, comprenant aussi les hybrides rechargeables et à hydrogène, avaient été inclus dans les trois derniers plans quinquennaux, mais sont désormais remplacés par d’autres technologies, comme la technologie quantique, l’hydrogène ou même la fusion nucléaire.

Xiaomi SU7 Ultra // Source : Xiaomi

Le but était de renforcer la compétitivité industrielle, mais la Chine fait désormais face à un problème de surcapacité. Concrètement, le marché est totalement saturé dans l’Empire du Milieu, et la concurrence est désormais excessive. Et pour cause, les constructeurs ont été très fortement aidés par les subventions de la part du gouvernement. Tous en ont donc profité, allant jusqu’à attirer des acteurs pour le moins étrangers à l’affaire, comme Xiaomi – avec succès pour ce dernier.

La fête est finie

Le choix est trop vaste pour les consommateurs, qui se perdent dans les offres. Or, le contexte est loin d’être favorable à l’achat de voitures neuves, puisque le pouvoir d’achat baisse fortement en Chine. En parallèle, l’Empire du Milieu est au cœur de vives tensions commerciales avec l’Occident, que ce soit l’Europe ou les États-Unis. Notamment en raison des taxes d’importation mises en place par les deux puissances. Ainsi, l’exclusion des autos électriques du plan quinquennal pourrait mettre en difficulté de nombreuses marques.

Il est désormais très probable que seules les plus solides parviennent à survivre. Et c’est sans doute ça que cherche le gouvernement, qui souligne que la concurrence est trop forte. Les constructeurs qui ne vivent que grâce aux aides de l’État pourraient finir par disparaître lors des prochaines années. Et pour ceux qui restent, ils devront sans doute faire grimper leurs prix, que ce soit en Chine mais aussi en Europe. Mais une question se pose : les droits de douane seront-ils toujours appliqués chez nous ? Rien n’a été dit.

Jaecoo 7 // Source : Omoda Jaecoo

Est-ce que les marques ont-elles senti le vent tourner ? Car depuis plusieurs mois déjà, elles sont nombreuses à vouloir tenter leur chance en Europe. Outre BYD, qui prévoit de construire pas moins de trois usines, on pense aussi à Omoda Jaecoo, qui fait son arrivée sur le Vieux Continent. C’est aussi le cas de Geely, qui va vendre certaines de ses autos chez nous, dont le SUV EX5. En parallèle, la firme va produire ses véhicules au sein d’usines appartenant à Renault, afin d’échapper aux taxes notamment.


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