1,5 million de voitures produites par an en Europe : le plan massif des constructeurs chinois qui alerte Renault et Stellantis

 
Pas moins de 90 000 voitures de marques chinoises devraient être produites en Europe au cours de l’année 2026. Un chiffre qui pourrait grimper jusqu’à 1,5 million par an d’ici 2035.

Les constructeurs automobiles chinois arrivent en force en Europe depuis quelques années maintenant. Et cette invasion, longtemps redoutée, devient de plus en plus réelle. Le tout tandis que leur part de marché atteint déjà les 7 % en France. Aujourd’hui, de nombreuses marques venues de l’Empire du Milieu se sont fait une place chez nous, comme BYD, Xpeng ou plus récemment Zeekr. Et toutes sont désormais bien décidées à aller encore plus loin.

Comment ? En produisant leurs autos directement sur notre territoire afin de contourner les droits de douane punitifs sur les voitures électriques produites en Chine imposés par l’Union européenne. Les marques se tournent donc vers une fabrication plus locale. C’est le cas de BYD, Leapmotor ainsi que Chery, qui devraient faire produire pas moins de 90 000 voitures en Europe en 2026. Qu’il s’agisse de sites construits sur mesure ou de lignes appartenant à d’autres constructeurs et sous-utilisées par ces derniers.

Crédit : Nissan

C’est ainsi que BYD va bientôt démarrer la production au sein de sa nouvelle usine située en Hongrie. De son côté, Geely va utiliser des lignes de l’usine Nissan de Sunderland au Royaume-Uni et Chery a déjà officialisé le rachat d’une usine en Espagne. Une stratégie de plus en plus utilisée par les marques chinoises, que certains, comme Volkswagen, refusent. Cependant, une chose est sûre, cette offensive est désormais très loin d’être terminée. À vrai dire, elle n’en est qu’à ses débuts, comme l’indique Carscoops, qui relaie les estimations du cabinet Global Mobility.

Un chiffre en progression

Ce dernier prévoit qu’un million de voitures chinoises seront produites chaque année en Europe d’ici à 2030. Un chiffre qui passera ensuite à 1,5 million par an en 2035. Car d’autres constructeurs travaillent à l’installation de nouvelles usines sur notre territoire. On pense par exemple à MG, dont le site espagnol pose quelques questions de sécurité.

Ces volumes méritent une mise en perspective. Le marché européen absorbe encore plus de dix millions de voitures neuves par an : les 90 000 unités assemblées localement en 2026 restent donc marginales. C’est la trajectoire qui compte. Selon S&P Global Mobility, les marques chinoises pourraient peser près de 15,5 % du marché européen en 2035, avec plus de 2,1 millions de véhicules vendus cette année-là – dont environ 44 % produits en Europe ou en Turquie.

Leapmotor B05 // Source : Leapmotor

En parallèle, les exportations de Chine vers le Vieux Continent pourraient aussi continuer à progresser, comme nous l’avions expliqué, puisque les marques produisent de nombreuses autos en Chine. Or, le marché local est en train de ralentir. On se rappelle d’ailleurs que les exportations ont déjà grimpé de 260 % en 2025.

Or, BYD veut encore augmenter la cadence, avec 1,5 million de véhicules électriques et hybrides envoyés dans le monde entier en 2026. Et l’Europe est particulièrement visée, alors que la firme de Shenzhen mise beaucoup sur ce marché. C’est aussi le cas pour Omoda & Jaecoo, qui produit déjà certaines autos en Espagne.

Mais cette stratégie n’est pas non plus une solution miracle pour les constructeurs. Car la Commission européenne veut désormais inciter ces derniers à recourir à des pièces produites sur le Vieux Continent. Et plus précisément 70 % de toutes celles qui composent le véhicule. Une mesure soutenue par trois groupes majeurs, à savoir Stellantis, Volkswagen et Renault. Même si rien n’a encore été officiellement acté pour le moment.


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