Qui est OpenAI, le créateur de ChatGPT et Dall-E ?

 

Depuis plusieurs mois, une seule entreprise revient régulièrement dans l'actualité : OpenAI. Et pour cause, puisqu'il s'agit de l'entreprise qui développe ChatGPT et Dall-E, deux outils d'intelligence artificielle ayant rencontré un succès monstre.

Le logo d’OpenAI // Source : OpenAI

Ce logo, vous avez sans doute dû le voir, si vous avez déjà utilisé ou entendu parler de ChatGPT. Il s’agit en fait du logo d’OpenAI, la société qui a créé ChatGPT et son modèle de langage, GPT. Qui se cache derrière OpenAI, l’une des entreprises spécialisées dans l’intelligence artificielle les plus puissantes du monde ?

Nos dossiers sur ChatGPT

Nous vous invitons à aller lire nos différents dossiers à propos de ChatGPT, pour en savoir plus à propos du chatbot :

OpenAI, qu’est-ce que c’est ?

OpenAI se présente comme « une société de recherche et de déploiement d’IA » ayant pour but de démocratiser cette technologie. L’entreprise était au départ une association à but non lucratif, fondée en décembre 2015, par deux présidents : Sam Altman et le multimilliardaire Elon Musk, PDG entre autres de Tesla, Twitter et Neuralink, ainsi que plusieurs autres membres, tous issus de la tech. Au départ, ce dernier devait investir 1 milliard de dollars au total : il n’en aura investi « que » 100 millions. La raison : après des résultats pas assez bons selon lui, Musk a souhaité prendre le contrôle d’OpenAI, ce qui lui a été refusé par d’autres membres fondateurs. Il a donc quitté le conseil d’administration en février 2018.

Sam Altman, patron d’OpenAI // Source : OpenAI

En 2019, c’est devenu une entreprise à but lucratif plafonné : c’est-à-dire que la société peut générer des profits, mais uniquement à un certain niveau. Une décision potentiellement due au départ d’Elon Musk et, par extension, de ses investissements.

Le double intérêt de ce statut pour OpenAI est d’attirer des investisseurs souhaitant un rendement sur la société, tout en limitant les dérives potentielles de la course aux dividendes. Un « but lucratif plafonné », mais avec un plafond tout de même très haut : cent fois la valeur de l’investissement de départ.

Comment la société a-t-elle été créée ?

Le sociologue Antoine Goujon raconte l’histoire de la création d’OpenAI dans AOC. Elon Musk et Sam Altman ont missionné Greg Brockman, ancien directeur technique de Stripe (une société de paiements en ligne pour les entreprises) pour constituer une équipe de spécialistes en intelligence artificielle, mélangeant ingénieurs et chercheurs.

Les bureaux d’OpenAI à San Francisco // Source : OpenAI

Pour les convaincre, OpenAI, ou plutôt ses membres fondateurs, a tablé sur la transparence de ce qui était à l’époque une organisation, notamment en matière de recherche scientifique. Début 2017, OpenAI comptait 45 salariés, mais aujourd’hui ça a bien changé, puisqu’ils sont près de 400.

La philosophie d’OpenAI : de l’ouverture à la régulation

À ses débuts donc, OpenAI se voulait ouvert (c’est dans le nom de l’entité) : publication de codes sources de programmes, résultats de la recherche scientifique diffusés, etc. Mais, depuis 2015, OpenAI a effectué un pivot dans sa philosophie : si l’ouverture n’est pas terminée, elle a subi un coup de frein.

OpenAI a réalisé des simulations d’examens pour différencier les deux modèles // Source : OpenAI

L’entreprise le reconnaissait récemment : « nous nous sommes trompés dans notre réflexion initiale sur l’ouverture, et nous avons changé d’avis : nous ne pensons plus qu’il faut tout diffuser (bien que nous mettions certaines choses en open source et que nous prévoyions de le faire à l’avenir), mais plutôt qu’il faut trouver un moyen de partager en toute sécurité l’accès aux systèmes et leurs avantages. » Un changement important philosophiquement, mais qui se veut sécuritaire : ChatGPT et Dall-E, les deux outils les plus importants de l’entreprise, peuvent être utilisés à des fins déloyales. Par leur puissance, la responsabilité d’OpenAI est encore plus grande.

Qui finance OpenAI ?

La trésorerie de départ d’OpenAI était d’un milliard de dollars, dont 100 millions avaient été amenés par Elon Musk et une certaine partie par Amazon Web Services, la division d’hébergement et de cloud computing d’Amazon. Mais c’est en 2019 que tout s’accélère réellement : Microsoft investit alors 1 milliard de dollars dans ce qui est devenu une entreprise.

Greg Brockman présentant une conférence TED // Source : TED

Puis, avec le succès démentiel de ChatGPT, Microsoft et OpenAI ont étendu leur partenariat début 2023, avec un investissement de la firme de Redmond de plusieurs milliards de dollars officiellement. La principale rumeur parlait d’un montant de dix milliards de dollars, selon les informations de Semafor. Microsoft récupérerait 75 % des bénéfices d’OpenAI, jusqu’à s’être remboursé de ces dix milliards de dollars. Bien que la firme ne possèderait « que » 49 % des parts, 49 % étant aux autres investisseurs et 2 % à la fondation à but non lucratif d’OpenAI.

Le fonctionnement schématique d’OpenAI // Source : OpenAI

Aujourd’hui, on ne connaît cependant pas précisément quel est l’actionnariat d’OpenAI. La valorisation de cette entreprise n’est pas non plus connue publiquement. Mais, lors d’un tour de table à 300 millions de dollars documenté par TechCrunch en avril 2023, la valorisation avait été évaluée entre 27 et 29 milliards de dollars.

Les principaux produits d’intelligence artificielle d’OpenAI

La popularité et la puissance d’OpenAI reposent principalement sur deux outils d’IA : ChatGPT et Dall-E.

ChatGPT et GPT, son modèle de langage

Difficile de le présenter à quelqu’un pour la première fois tant le chatbot a fait parler de lui. Ce qu’a développé OpenAI, c’est davantage GPT, le grand modèle de langage (ou LLM en anglais), sorte de moteur de ChatGPT. Le chatbot permet de répondre à tout un tas de questions, sans réellement comprendre ce qu’il raconte.

Dans les faits, GPT est essentiellement un algorithme qui prédit le mot à suivre selon un contexte donné et selon les mots générés précédemment. C’est pourquoi on ne peut pas dire qu’il ait la réflexion d’un être humain (ni même d’un être vivant).

Dall-E

Dall-E a surtout fait parler de lui, il y a un an environ, lors de la publication de Dall-E 2, avant de voir sa popularité se faire rattraper par ChatGPT, mais aussi par ses concurrents, comme Midjourney ou encore Stable Diffusion. Il s’agit d’un programme d’intelligence artificielle de génération d’image.

Un schéma explicatif à propos de Dall-E // Source : OpenAI

À l’aide d’une description textuelle qu’on lui fournit, Dall-E est capable de générer des images en s’inspirant d’une base de données gigantesque avec laquelle il a été entraîné. Pour « comprendre » les indications qu’on lui donne, il s’appuie d’ailleurs sur GPT, modèle de langage également utilisé dans ChatGPT.

Les autres innovations d’OpenAI

Toutefois, OpenAI n’est pas une entreprise connue uniquement pour ChatGPT. On lui doit par ailleurs Microscope, un outil d’IA de visualisation de réseaux de neurones ou encore Whisper, un modèle de reconnaissance vocale.

Le nouvel outil Shap-E d’OpenAI permet de produire des modèles 3D sur la base d’une demande par texte. // Source : OpenAI via GitHub

D’autres modèles d’intelligence artificielle sont en développement au sein de l’entreprise. C’est le cas de Point-E, qui permet de générer des objets en 3D et de son successeur, Shap-E.

Enfin, on peut mentionner Jukebox, décrit comme « un réseau neuronal qui génère de la musique, y compris du chant rudimentaire, sous forme d’audio brut dans une variété de genres et de styles d’artistes. » Le modèle a été publié en 2020, mais depuis plus rien.

Quel avenir pour OpenAI ?

Avec les récents investissements faits par Microsoft et la tendance à l’intelligence artificielle dans l’industrie des nouvelles technologies, le futur semble prospère pour OpenAI.

On peut penser que l’entreprise a déjà une prochaine version de son modèle de langage utilisé par ChatGPT dans ses cartons. Bien que pour le moment, OpenAI affirme ne pas travailler sur GPT-5.

Vers l’intelligence artificielle générale

OpenAI croit dur comme fer depuis le départ en l’« intelligence artificielle générale » (AGI). On peut définir ce terme simplement par une IA capable d’apprendre et de réaliser n’importe quelle tâche. Pour le moment, aucun modèle d’IA ne peut être qualifié comme tel, mais l’entreprise s’efforce de tendre vers cela. Elle imagine même une IA qui pourrait être plus intelligente que le cerveau humain. Mais elle voit cela d’un bon œil : l’AGI aurait « le potentiel de donner à chacun d’incroyables nouvelles capacités ; nous pouvons imaginer un monde dans lequel chacun d’entre nous aurait accès à de l’aide pour presque toutes les tâches cognitives, ce qui multiplierait considérablement la force de l’ingéniosité et de la créativité humaines », peut-on lire dans un récent article de blog.

L’entreprise y explique qu’« au fur et à mesure que nous créons des systèmes de plus en plus puissants, nous voulons les déployer et acquérir de l’expérience dans leur fonctionnement dans le monde réel. » Une déclaration qui reste vague, mais qui permet de comprendre qu’OpenAI souhaite intégrer ses outils et ses IA dans les usages des humains pour aller au-delà que la simple recherche et démonstration. OpenAI précise vouloir être de plus en plus prudent dans les lancements de nouveaux modèles d’IA, d’autant plus que les intelligences artificielles génératives seront très probablement régulées plus fortement par les juridictions du monde entier.


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