Tests des MacBook Air et Pro avec Apple M1 : « une révolution informatique »

Apple a-t-il tenu toutes ses promesses ?

 

Les premiers tests des MacBook Air et MacBook Pro ont été publiés. Des performances boostées, une autonomie record, une compatibilité sans problème... Apple a-t-il tenu toutes ses promesses ?

Apple MacBook Air

Apple MacBook Air // Source : The Verge

Apple a dévoilé les trois premiers Mac avec SoC Apple M1, deux MacBook et un Mac Mini. Après de nombreuses fuites de benchmarks et de témoignages, les premiers tests des machines sont sortis quelques heures avant le démarrage des livraisons. Nous avons fait le tour de ces tests.

Les performances promises

Selon Apple, la puce M1 possède de très nombreuses vertus, matérialisées par une nuée de chiffres. Le CPU serait 3,5 fois plus rapide que le processeur de la génération précédente. Apple clame que son M1 est le processeur ayant le meilleur rapport performances/Watt, il semble que l’autonomie soit là pour le prouver. Il est temps de confronter tout cela aux tests utilisateurs.

Ars Technica a mené les fameux tests Geekbench, c’est un outil de benchmark qui s’intéresse essentiellement aux performances du processeur (CPU). Rappelons que le TDP, l’enveloppe thermique, de l’Apple M1 est de seulement 10 W, ce qui autorise un système de refroidissement passif sur le MacBook Air.

La comparaison avec les dernières solutions Tiger Lake (11e génération d’Intel Core) est donc très intéressante à observer : il s’agit du CPU qui équipe les derniers ultrabooks haut de gamme chez Dell ou encore Lenovo. Nous avions d’ailleurs testé le Dell XPS 13 9310 qui utilise le tout récent Core i7 1165G7 (15 Watts) qui est censé être l’une des puces basse consommation les plus puissantes d’Intel.

Autant vous dire que l’Apple M1 est loin devant les puces basse consommation d’Intel et AMD. Même le Core i7-1185G7 à 28 Watts de TDP est battu. Niveau performances, cet Apple M1 se frotte même à des CPU que l’on trouve dans les ordinateurs de bureau.

Beaucoup d’autres tests ont été menés, y compris l’analyse comparative dans le navigateur web. C’est un test qui permet de comparer des architectures radicalement différentes, car il mesure une tâche réelle : le rendu des opérations complexes dans un navigateur Web.

Encore une fois, l’Apple M1 réussit ces tests avec brio. C’est peu étonnant, les iPhone et iPad étaient déjà très bons et ils partagent la même plateforme.

Notez que la plupart des tests des journalistes américains se sont concentrés sur le MacBook Air, le MacBook le plus populaire. Contrairement au Mac Mini et au MacBook Pro, celui-ci est fanless. Son système de refroidissement est passif, il n’émet donc aucun bruit. Engadget le précise : « c‘est incroyablement rapide et complètement silencieux, car il n’a pas de ventilateur ».

Pour se refroidir, le CPU du MacBook Air baisse juste sa fréquence d’horloge afin d’émettre moins de chaleur, l’ensemble de la chaleur étant évacuée par des caloducs (et non un ventilateur comme sur les anciens MacBook Air). Vous perdrez donc en performances dans certaines situations, comme lors de longs calculs, néanmoins c’est un confort audible appréciable pour travailler en silence.

Seulement deux USB-C (compatibles Thunderbolt et USB4)

Seulement deux USB-C (compatibles Thunderbolt et USB4) // Source : Engadget

Le SSD du Mac n’est pas parmi les plus rapides, néanmoins Apple rattrape ses concurrents. Les scores obtenus, en moyenne, sont de 1,8 Gb/s en lecture et 2,1 Gb/s en écriture. Les derniers Mac Intel faisaient beaucoup moins bien avec des vitesses de lecture autour de 1 Gb/s.

Résultats sur un MacBook Pro M1

Résultats sur un MacBook Pro M1 // Source : Numerama

Enfin, évoquons les performances graphiques. Apple a fait un bond en avant notable : « le M1 donne également au MacBook Air quelque chose qu’il n’a jamais eu auparavant : des performances de jeu décentes ». Vous êtes toujours limités au catalogue de jeux Mac, mais les Mac M1 sont capables de les faire tourner correctement.

« Il a même réussi à faire tourner Fortnite à environ 60 ips tout en fonctionnant en définition 1400 par 900 pixels avec des paramètres graphiques élevés. En comparaison, il fonctionnait à environ 40 images par seconde avec les graphiques Iris Plus d’Intel sur le dernier MacBook Air. » — Engadget

Cependant, il est à noter que certains jeux ne fonctionnent pas, car ces derniers dépendent de la couche de virtualisation Rosetta 2 : « Après de grosses déclarations sur le nouveau RPG culte Baldur’s Gate 3 fonctionnant sur des Mac M1, je n’ai pas pu faire fonctionner la version Mac via Steam – j’ai reçu un message d’erreur sur chacun des Mac M1 que j’ai testés » selon les dires de Cnet US.

Une autonomie record

Comme on s’y attendait, par rapport aux chiffres d’autonomie communiqués par Apple, il y a des différences avec les performances obtenues par les protocoles de tests externes. Dans tous les cas, les nouveaux MacBook Air M1 et MacBook Pro 13 M1 dépassent largement les 10 heures d’utilisation, alors que les précédents Mac ne dépassaient pas 8 heures sur ce même protocole conçu par le YouTuber Dave Lee.

Selon Numerama, « 10 % de batterie correspondent à peu près à une heure d’usage, sans ménager l’appareil. ». Des résultats qui prouvent qu’Apple a eu raison d’investir l’architecture ARM qui offre un bien meilleur rapport performances/Watt que le x86.

Une compatibilité sans tracas, ou presque

Comme évoqué dans cet article, le changement d’architecture ARM amène des complications pour les éditeurs et développeurs qui avaient conçu précédemment leurs jeux et leurs logiciels sur une plateforme x86-64. Les développeurs doivent fournir des applications universelles capables de fonctionner à la fois sur les Mac Intel et les Mac Apple Silicon (M1). En attendant, Apple a conçu une couche d’émulation nommée Rosetta 2 qui traduit les instructions x86-64 en ARM.

Alors que le DTK (le Mac Mini qui servait de test Apple Silicon pour les développeurs) montrait certaines faiblesses sur des apps non universelles, l’Apple Silicon M1 se débrouille beaucoup mieux. Apple semble avoir amélioré Rosetta 2, cela signifie que de nombreuses applications et programmes fonctionnent sur les Mac M1 alors qu’elles ne sont pas conçues pour ces machines.

« La technologie d’émulation Rosetta 2 contribue à cela, elle s’installe automatiquement la première fois que vous essayez d’installer une application non native. Jusqu’à présent, cela m’a permis d’installer des éléments tels que les applications Adobe, notamment Photoshop et Premiere Pro, Steam pour les jeux et le navigateur Web Chrome de Google. » — Cnet US

Même sur des jeux, y compris World Warcraft, mais aussi des logiciels gourmands comme la suite Adobe (en application non universelle). « Même le jeu vidéo World of Warcraft, lancé pendant une heure à la définition native, tournant admirablement bien, n’a poussé les ventilateurs qu’à une puissance à peine audible », explique Julien Cadot sur Numerama.

Pour savoir si une application est native (Universel), émulée (Intel) ou vient d’iOS (Apple Silicon), il suffit de faire clic droit et Lire les informations

Pour savoir si une application est native (Universel), émulée (Intel) ou vient d’iOS (Apple Silicon), il suffit de faire clic droit et Lire les informations // Source : Capture d’écran Numerama

En attendant que les applications universelles arrivent, la plupart étant encore en bêta, les Mac M1 pourront faire tourner une grosse majorité des programmes et apps. Seuls certains programmes de virtualisation sont non fonctionnels, ce qui est important à souligner si vous utilisez régulièrement ces outils. C’est également le cas de quelques jeux, les testeurs arrivent à faire tourner les jeux de Blizzard par exemple, mais beaucoup de jeux Steam ne se lancent même pas.

D’ailleurs, notez que les Mac M1 peuvent lancer des apps iOS et iPadOS que l’on trouve sur le Mac App Store. Cela ressemble à la capacité qu’ont les Chromebooks de lancer des apps Android. Comme précisé sur cet article, vous ne trouverez pas toutes les apps : il y a des apps qui sont absentes, car elles s’appuient sur des fonctions des smartphones, comme le GPS, d’autres apps ont été retirées délibérément par les éditeurs comme Facebook par exemple.

Le renouveau des Mac

Selon The Verge, pour les utilisateurs professionnels, Apple doit encore apporter des améliorations pour augmenter les performances pour les charges de travail intenses. Vous ne pouvez pas utiliser une carte graphique externe, et vous êtes limité à un seul écran externe à la fois, par exemple, et il est probable qu’un professionnel atteindra assez rapidement les limites d’un GPU intégré (iGPU).

Malgré tout ça, le MacBook Air a obtenu une des meilleures notes sur The Verge, soit 9,5 sur 10… il aurait même pu avoir 10/10. Un demi-point perdu à cause de la webcam bloquée en définition HD depuis de nombreuses générations de MacBook Air. Numerama note tout de même qu’il y a une différence entre les images d’un MacBook Air Intel et un Air M1.

Ars Technica note « une conception de premier plan qui allie hautes performances et haute efficacité ». Dans ses premières conclusions, l’Apple M1 peut néanmoins être dépassé avec des solutions avec plus de cœurs et de threads… au détriment de l’efficacité énergétique. Apple a été capable de créer un système ARM qui rivaliser fortement avec x86 même à des niveaux de performances très élevés.

Pour Numerama, cela pose des bases solides pour la stratégie Apple Silicon : « quand le géant de Cupertino s’attaquera dès l’année prochaine à des gammes plus élevées, répondant à d’autres besoins, il partira déjà avec une longueur d’avance ».

Engadget nous explique que c’est enfin un moyen de différencier les Mac des PC Windows : « maintenant, il y a plus des raisons supplémentaires d’opter pour un Mac, au-delà d’un système d’exploitation légèrement différent et de l’excellente qualité de construction d’Apple. La puce M1 fait du MacBook Air l’un des ultraportables les plus rapides que vous puissiez acheter aujourd’hui. Et même les plus grands fans de Windows auront du mal à le nier ».

Enfin, Tom’s Guide US note qu’il est dommage que le design du MacBook Air n’ait pas évolué. « Si seulement il intégrait quelques ports supplémentaires et réduisait ses bordures d’écran, le nouveau MacBook Air pourrait être parfait ».

Vidéos des tests américains

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