L’Asus ROG Ally se heurte à un problème de taille

Quand Windows 11 joue les trouble-fête

 

Enfin disponible en précommande, l'Asus ROG Ally suscite déjà des réactions mitigées. Avec des notes allant de 3/10 à 9/10, cette console-PC hybride, alternative ambitieuse au Steam Deck de Valve, se révèle aussi prometteuse que controversée. Entre une puissance indéniable et des défis à surmonter, elle s'avère être un véritable paradoxe technologique, miroir des challenges que l'industrie du gaming doit encore relever.

Asus ROG Ally // Source : Frandroid – Chloé Pertuis

Bonne nouvelle pour les accros du gaming, l’Asus ROG Ally est désormais disponible en précommande. Les premières notes de test vont de 3/10 à 9/10, une vraie dispersion qui annonce une console clivante. Nous avons eu l’occasion de la tester, et elle a obtenu un honorable 8/10 de notre part. Chez Numerama, nos collègues, même constat. En gros, c’est un Steam Deck sous stéroïdes, mais comme dans toute prise de masse, il y a des effets secondaires…

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Pour rappel, cette console-PC hybride se positionne à mi-chemin entre un ordinateur portable gaming et une Nintendo Switch. Elle est propulsée par de nouvelles puces AMD Z1 et Z1 Extreme, qui promettent une expérience de jeu optimale. Une alternative intéressante à la console de Valve, si vous êtes prêt à débourser un peu plus. Et c’est là que ça se corse.

Quand on joue avec le ROG Ally, on a l’impression de jouer avec une Nintendo Switch qui aurait bu un Red Bull. C’est compact, c’est mobile, c’est nerveux, mais… ça ne dure pas.

Le premier problème, et le moins intéressant, est lié à l’autonomie. En effet, celle-ci varie de 40 minutes à 4 heures, en fonction de votre usage. C’est très peu, surtout si vous comptez l’utiliser pour des sessions de jeux intensives. La consommation énergétique est importante et la batterie semble peiner à suivre. À côté de ça, la Switch et le Steam Deck semblent des marathoniens aguerris.

Mais ce n’est pas le seul bémol. Le véritable souci, c’est le système d’exploitation. Vous savez, cette petite chose qui fait tourner la machine, qui est censée rendre l’expérience fluide et intuitive ? Et bien là, c’est Windows 11. Oui, vous avez bien lu, Windows 11.

Le véritable problème est souligné partout, et en particulier chez Wired et The Verge, qui ont respectivement attribué des notes de 3/10 et 5/10 au ROG Ally. Et ce problème, c’est Windows 11.

Ce problème, c’est Windows 11

Wired décrit parfaitement le problème : « Le ROG Ally n’est pas tant une console de jeu portable basée sur Windows qu’un simple PC Windows intégré à un grand contrôleur avec un écran. ». Traduction : c’est comme si vous tentiez de faire tourner une Model S Plaid sur une piste de kart.

La plupart du travail d’interface utilisateur est dévolu aux magasins de jeux basés sur Windows, et parmi ceux-ci, seul Steam semble avoir anticipé le fait que nous n’aurions pas une souris et un clavier sous la main. Le mode Big Picture de Steam est conçu pour les ordinateurs de poche et les télévisions, et c’est ce que vous trouverez sur l’Ally. Les autres, comme Xbox, Battle.net, Origin et Epic, ont plutôt l’air de versions réduites de leurs applications de bureau. Bref, c’est comme tenter de faire un créneau avec un semi-remorque dans une rue de Paris.

Asus ROG Ally avec Steam en Big Picture // Source : Frandroid – Chloé Pertuis

L’intérêt de Windows est souvent vanté pour sa polyvalence, le choix de plateformes, la liberté… Mais il est clair que Windows 11 n’est pas conçu pour être utilisé sur un écran de 7 pouces tactile. Même Windows 8 était plus adapté à cet usage, c’est dire.

Microsoft n’est pas qu’un simple fournisseur de système d’exploitation pour le ROG Ally. En effet, l’entreprise a joué un rôle crucial dans le développement de cette console. Le ROG Ally est préchargé avec Xbox Game Pass et comprend un abonnement gratuit de trois mois à l’offre Ultimate. Selon The Verge, Microsoft aurait même aidé à apporter des modifications à l’interface utilisateur et a même fait une exception spéciale pour certifier Windows 11 pour cet écran particulier de 7 pouces.

De plus, sans les pavés tactiles, la visée gyroscopique et les profils de contrôleurs créés par la communauté, ainsi que plus d’une décennie de travail de compatibilité, les jeux conçus pour la souris et le clavier sont laissés pour compte par Asus et Microsoft. L’application Armory Crate d’Asus est censée résoudre ce problème, mais cela ressemble plus à un pansement sur une plaie ouverte qu’à une véritable solution.

The Verge conclut en disant : « Je crois fondamentalement qu’un PC portable n’est pas vraiment portable si l’autonomie de la batterie et l’interface utilisateur ne sont pas conçues pour la route. Je pense également que la plupart des personnes intéressées par cette machine feraient mieux de dépenser 300 $ de plus pour un PC portable de gaming. Si vous voulez vraiment une machine ultra portable, économisez peut-être quelques centaines de dollars en achetant un Steam Deck à moins de 500 euros.».

Pour Microsoft, c’est peut-être un signal d’alarme

Pour autant, cela ne signifie pas que l’Asus ROG Ally est un produit médiocre dans l’ensemble. C’est une machine de jeu puissante pour 799 euros, qui a juste besoin d’une prise de courant et d’une souris et d’un clavier à proximité pour atteindre son plein potentiel. Elle est certainement une preuve que le concept de PC-console hybride a du potentiel, mais également que la route est encore longue avant d’atteindre l’équilibre parfait.

Pour Microsoft, c’est peut-être un signal d’alarme. Pour les joueurs, c’est un rappel que la puissance brute ne fait pas tout dans une console de jeu. Et pour nous, les technophiles, c’est un autre chapitre passionnant dans l’évolution constante du monde du gaming.


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