« Une phase éliminatoire impitoyable » : le patron de BYD tire la sonnette d’alarme après une année 2025 en berne

 
Pour la première fois en quatre ans, BYD a vu ses bénéfices chuter en 2025, dépassant même les projections. Le symbole d’un marché chinois toujours plus concurrentiel, et qui incite la marque à intensifier ses efforts à l’international – Europe incluse.
Des BYD devant un des bateaux cargos de la flotte // Source : BYD

Les signaux s’accumulaient depuis plusieurs mois et l’annonce officielle n’a fait que confirmer : BYD n’a pas passé une excellente année 2025, et le géant chinois rapporte un déclin des profits pour la première fois en quatre ans.

La publication de ses résultats 2025 est assez claire : outre les profits, les revenus et les marges se rétrécissent, de même que la masse salariale. Un indicateur fort de la complexité du marché automobile chinois.

Des résultats en berne

Avant tout, précisons que BYD n’est évidemment pas au bord de la faillite, avec un bénéfice net de 32,6 milliards de yuans (4,08 milliards d’euros). Reste que cela représente une baisse de 19 % par rapport à 2024 (plombé par un très difficile quatrième trimestre, en baisse de 38,2 %), dépassant même d’assez loin la baisse de 12,1 % attendue par les analystes.

BYD Atto 3 Evo // Source : BYD

Les revenus sont certes en progression, mais d’un timide 3,5 %, le plus faible enregistré en six ans. Autre indicateur : une baisse de 10 % de la masse salariale.

La raison se cache dans l’immense complexité du marché automobile chinois, traversé en 2025 par une sanglante « guerre des prix » (qui a depuis pris fin sous l’impulsion du gouvernement) et d’une concurrence toujours plus féroce.

BYD Dolphin Surf // Source : BYD

Wang Chuan-fu, le président du conseil d’administration de BYD, le reconnait sans ambages : « la concurrence dans l’industrie des [voitures électriques et hybrides] a atteint son paroxysme et traverse actuellement une phase éliminatoire impitoyable », à l’heure où plusieurs concurrents (Leapmotor, Nio, Xpeng) annoncent, eux, leurs premiers bénéfices.

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L’export et la technologie comme bouée de sauvetage

Comment s’annonce 2026 ? Les deux premiers mois n’ont pas été brillants avec une concurrence de Geely et Leapmotor toujours plus intense, mais BYD a identifié deux leviers de croissance.

Le premier, c’est une accélération sur la technologie et l’innovation. Les annonces du 5 mars ont été très concrètes avec la présentation de la nouvelle génération de ses batteries Blade, développées et fabriquées en interne, associées à la technologie Flash Charging 2.0 qui, via des stations dédiées, permettent de recharger une voiture électrique de 10 à 70 % en 5 minutes et de 10 à 97 % en 9 minutes. BYD commercialise déjà 11 voitures compatibles et vise 20 000 stations actives en Chine en 2026.

Station Flash Charging // Source : BYD

L’autre, c’est bien évidemment l’export. Trois grandes régions sont dans le viseur : l’Asie du Sud-Est, l’Amérique Latine et bien évidemment l’Europe. BYD espère vendre 1,3 million d’unités à l’international en 2026, contre 1,05 million en 2025.

Cette année devrait être marquée par plusieurs temps forts de BYD en Europe, avec l’arrivée de sa marque premium Denza, en avril, accompagnée des premières stations Flash Charging. En parallèle, l’usine hongroise finit ses ajustements et devrait produire ses premières voitures de série d’ici juin.

Denza Z9GT // Source : Denza

Très concrètement, les voitures électriques qui sortiront de l’usine en Hongrie seront exemptées de la surtaxe douanière européenne et pourraient même être éligibles au bonus écologique en France : une BYD Dolphin Surf pourrait alors se retrouver sous les 16 000 euros, de quoi se replacer sur le marché. BYD n’a pas dit son dernier mot.


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