« Les Chromebooks ne sont pas conçus pour durer » : le constat alarmant sur la tech low-cost

 

Selon un rapport d'une organisation américaine de défense des consommateurs, les ordinateurs portables Chromebook de Google auraient une durée de vie bien plus courte que d'autres PC, provoquant des tas de laptops inutilisables.

Des « dates de mort » prématurées qui coûtent plus cher au consommateur et à l’environnement // Source : Montage Frandroid

C’est un bon plan qui serait surtout néfaste sur le long terme. Selon un rapport publié le 18 avril par l’ONG américaine de défense des consommateurs Public Interest Research Group (PIRG), les ordinateurs portables Chromebooks de Google privilégiés par les écoles américaines produiraient aussi des « piles de déchets électroniques » par leur mort prématurée.

Moins puissants, mais moins chers que des produits Windows ou Mac, ces laptops sous système d’exploitation Chrome OS se sont imposés comme un compromis économique pour beaucoup d’écoliers et étudiants depuis leur sortie en 2011. Et pourtant : selon PIRG, les ordinateurs made in Google seraient autant une mauvaise idée sur le plan économique qu’écologique.

Moins réparables et plus vieillissants

Ironiquement, c’est le succès récent des Chromebooks qui a poussé l’organisation à se pencher sur leur cas. Face aux fermetures des écoles lors de la crise sanitaire de 2020, de nombreuses écoles américaines ont acheté ces PC portables en nombre pour permettre aux écoliers de suivre les cours et faire leurs devoirs, rappelle le site d’information Engadget.

Les dates d’expiration des Chromebooks ont créé des piles de laptops inutilisables, comme c’est le cas dans cette école américaine // Source : PIRG

Trois ans plus tard, ce boom d’achat s’est pourtant transformé en piles d’ordinateurs inutilisables, comme l’illustre le rapport de PIRG. Et pour cause : selon l’organisation américaine, ces modèles s’avèrent bien moins réparables que d’autres PC.

« Par exemple, sur 29 Chromebooks Acer envoyés pour remplacement de clavier, 14 se sont avérés en rupture de stock. Et pour 10 d’entre eux, la réparation coûtait 90 dollars, soit près de la moitié du prix d’achat », affirme Lucas Rockett Gutterman, l’un des auteurs du rapport. « Les Chromebooks ne sont pas conçus pour durer », confirme dans le rapport la responsable Durabilité du site spécialisé dans la réparation de produits iFixit.

Une date d’expiration avancée

Autre élément dénoncé par le rapport : leur mort prématurée. Comme d’autres modèles de PC, les Chromebooks ont une date d’expiration : après les huit ans de mises à jour assurées par Google, ces produits deviennent progressivement inutilisables. Une période de soutien supérieure à d’autres constructeurs, mais qui serait accélérée pour les ordinateurs sous Chrome OS.

« Les Chromebooks ne peuvent plus accéder aux services qui nécessitent que l’appareil passe un contrôle de sécurité. Les éducateurs ont signalé que les ordinateurs portables expirés ne peuvent pas accéder aux sites d’examen en ligne de leur État » détaille le rapport.

Par ailleurs, ce compte à rebours de huit ans commence à la sortie des produits, alors que beaucoup d’écoles les achètent plusieurs années après, divisant souvent leur durée de vie par deux selon PIRG. Ils sont donc également plus difficiles à revendre, à l’inverse de vieux PC Windows ou Mac. Un mauvais choix d’investissement pour les écoles, donc.

L’équivalent de 900 000 voitures en circulation

Cette mort prématurée possède un impact écologique important, selon l’organisation. Selon PIRG, si la durée de vie des 32 millions de Chromebooks vendus en 2020 était doublée, cela « réduirait les émissions de CO₂ de 4,6 millions de tonnes, ce qui équivaudrait à retirer 900 000 voitures de la circulation pendant un an », cite Engadget.

Dès lors, l’ONG formule plusieurs recommandations auprès de Google, notamment la suppression de ces dates d’expirations. De même, elle demande aux fabricants partenaires de produire 10 % de pièces de rechange en plus, afin qu’elles soient disponibles à la réparation, ainsi qu’une standardisation de ces pièces entre les différentes chaînes de production.

Malgré ces critiques, Google s’est défendu auprès du média en ligne Ars Technica. La multinationale américaine explique que leurs mises à jour mensuelles visent à rendre les vieux modèles de Chromebooks utilisables « de manière sécurisée et fiable, jusqu’à ce que leurs limitations matérielles rendent extrêmement difficile la fourniture de mises à jour ».

Une tendance générale que les Chromebooks incarnent

PIRG le reconnaît ; Google n’est d’ailleurs pas la seule entreprise de ce marché à limiter la durée de vie de ses produits. Comme le note d’ailleurs Ars Technica, « le Mac moyen reçoit sept ans de mises à jour macOS, ce qui est moins qu’avant et peut envoyer au cimetière trop tôt des machines parfaitement capables d’effectuer des charges de travail habituelles ».

Mais cet exemple illustre que faire le choix d’un produit peu cher comme les Chromebooks a aussi des conséquences négatives pour les consommateurs et les institutions, notamment en termes de réparabilité. Dans un contexte de crise économique et d’inflation record, Google peut aussi être jugé comme ayant une responsabilité à montrer l’exemple sur la longévité de ses produits.

Comme le note le coauteur du rapport Lucas Rockett Gutterman, « s’ils doivent fournir des ordinateurs portables à des centaines de millions d’étudiants dans tout le pays, ils ont la responsabilité de bien faire les choses et de fabriquer des laptops qui durent ».


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