Google Stadia peut être gourmand en data, ce qui inquiète les futurs utilisateurs du service. Phil Harrison, responsable du projet, a foi dans le fait que les opérateurs lèveront naturellement les limites des forfaits.

L’ère du cloud gaming, cette technologie qui ne demande qu’à exister auprès du grand public depuis nombre d’années, semble être à nos portes alors que la 5G promet de rendre tout cela toujours plus accessible en mobilité.

Google a récemment présenté Stadia, son propre service basé sur ses propres serveurs, qui promet un flux en 4K à 60 FPS. Mais cela va consommer beaucoup de data, ce qui inquiète les consommateurs. Phil Harrison place sa foi en les opérateurs lors d’une interview accordée à Gamespot.

Les opérateurs feront évoluer les forfaits pour Stadia

Le grand patron du projet au sein de Google croit en effet que les acteurs télécom ajusteront naturellement leurs forfaits avec l’arrivée de la technologie. Il précise :

« Les FAI ont historiquement été au devant des tendances des consommateurs, et si vous regardez du côté de l’histoire des forfaits data bloqués sur ces petits marchés […], la tendance, quand le streaming musical et le téléchargement sont devenus populaires, particulièrement aux premiers jours où ce n’était pas nécessairement légitime, les forfaits data ont augmenté. Puis, avec l’évolution du streaming de séries et de films, la data a augmenté, et nous nous attendons à ce que cela continue ».

Mais ne serait-ce pas là un bon moyen pour ces acteurs d’augmenter le prix des forfaits ? Pour Phil Harrison, la 5G est la solution :

« Il y a une dynamique supplémentaire intéressante sur le marché internet, qui est l’évolution de la 5G, particulièrement ce que l’on appelle le sans fil fixe qui ne tourne pas nécessairement sur un smartphone mais plutôt comme un moyen d’amener la 5G chez soi. Tous les opérateurs l’offrant actuellement que je connais n’ont pas de limite de données et sont très très performants ».

La 5G sera le tournant

Bien sûr, Phil Harrison parle bien évidemment beaucoup plus aux utilisateurs ayant des limites de données sur leur connexion fixe. Ceci étant, la pensée est aussi intéressante pour nous autres français qui connaissons l’internet illimité à domicile depuis bien longtemps, mais avons toujours (majoritairement) des limites sur nos forfaits mobiles.

Et pour cause : la foi est placée sur les opérateurs, et Google ne montre pas d’intérêt à pousser l’illimité sur mobile. Son discours va qui plus est en opposition avec Nvidia, l’un de ses concurrents sur le segment du cloud gaming, qui lorsque nous l’avons interrogé sur la question n’écartait pas la possibilité d’un surcoût lié à cette pratique.

Qui sait ce que feront les opérateurs avec ces technologies ? Hélas, il s’agira de quelque chose que l’on ne pourra qu’observer et non prédire. Une chose est sûre, comme le rappelle Phil Harrison d’ailleurs : « les FAI sont malins, ils comprennent que leur business est de garder les consommateurs heureux et avec eux le plus longtemps possible ». En somme, ce sera aux consommateurs de définir les pratiques qu’ils acceptent… ou non.

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