Intel, Qualcomm et d’autres fournisseurs américains de semi-conducteurs s’activent pour faire pression sur le gouvernement américain afin que ce dernier annule sa sanction à l’encontre de Huawei.

Vous connaissez la chanson désormais. Huawei s’est vu sanctionner par les États-Unis. L’entreprise chinoise ne peut, par conséquent, plus travailler avec des entreprises américaines. La marque a ainsi perdu le droit d’utiliser les services Google sur ses prochains appareils, mais a dû se séparer de nombreux fournisseurs importants.

La situation est loin d’être enthousiasmante, mais Huawei n’a pas dit son dernier mot et compte bien contester la décision de Washington sur le plan juridique. À cela s’ajoute le soutien virulent de la Chine qui se montre prête à affronter les États-Unis dans une guerre économique. Plus discrètement, les fournisseurs américains de semi-conducteurs, dont les géants Intel et Qualcomm, s’activent eux aussi pour faire annuler le bannissement de Huawei.

Reuters révèle ainsi que de hauts responsables d’Intel et de Xilinx — un autre important fabricant étasunien de semi-conducteurs — ont participé à une réunion avec le ministère du Commerce pour discuter de ce sujet. De son côté, Qualcomm fait également du lobbying dans le même sens.

Il ne s’agit pas d’aider Huawei. Il s’agit de prévenir les préjudices aux entreprises américaines

Les fournisseurs estiment notamment que les produits Huawei tels que les smartphones ou les ordinateurs intègrent des pièces couramment utilisées et qu’il est peu probable que celles-ci présentent les mêmes risques de sécurité que les infrastructures 5G du groupe chinois. Rappelons en effet que l’administration Trump soupçonne surtout la firme de vouloir espionner les citoyens américains par l’intermédiaire de son réseau 5G.

L’une des sources de Reuters précise qu’« il ne s’agit pas d’aider Huawei. Il s’agit de prévenir les préjudices aux entreprises américaines ».

Lobbying

Enfin, la Semiconductor Industry Association (SIA) a affirmé avoir organisé des consultations avec le gouvernement au nom des entreprises qu’elle représente. Le but est surtout d’exposer les conséquences du bannissement de Huawei sur les activités des firmes américaines.

« Pour les technologies qui ne sont pas liées à la sécurité nationale, il semble qu’elles ne devraient pas entrer dans le champ d’application de l’ordonnance. Et nous avons transmis cette perspective au gouvernement », a déclaré Jimmy Goodrich, vice-président de la politique mondiale de la SIA.

Soulignons que Google apporte aussi son soutien politique à Huawei dans cette affaire. Même son de cloche du côté du fondateur d’ARM. Le combat n’est donc pas terminé.