Malgré ses promesses d’ouverture, Apple continue d’exercer un contrôle total sur la distribution d’apps sur iPhone

 

Le PC peut-il être émulé comme une console ? Pour Apple, la réponse est non et cette position de principe a d’importantes conséquences pour l’écosystème logiciel de l’entreprise.

Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Après des années à se battre pour éviter d’ouvrir son écosystème aux magasins d’applications alternatifs, Apple a enfin cédé il y a quelques semaines, sous la pression de l’Union européenne. Depuis, de nombreux concurrents à l’App Store ont fleuri en Europe, mais Apple exerce un contrôle très strict sur ces catalogues logiciels aussi, comme le prouve cette récente affaire.

Les développeurs et développeuses de l’émulateur UTM se sont en effet vu refuser la commercialisation de leur application sur iPhone. Bien connu des bidouilleurs, UTM est un système de virtualisation permettant de faire tourner des images systèmes de Windows ou Linux sur un iPhone ou iPad. Jusque là, le logiciel était distribué via des systèmes de sideloading plus ou moins douteux, mais avec l’ouverture d’iOS aux émulateurs et aux magasins tiers, l’équipe de développement a tenté de passer par des voies plus « officielles ».

Apple garde la main sur iOS

Malheureusement, comme le note un tweet repéré par 9to5Mac et publié le 9 juin par UTM, l’application n’a pas été validée par Apple et n’arrivera ni sur l’App Store ni sur les magasins d’applications tiers. En premier lieu, la raison évoquée par Apple est donc que « le PC n’est pas une console » et que donc UTM n’a pas sa place dans la nouvelle catégorie « Émulation » de l’App Store.

Plus étrange cependant, ce refus d’Apple empêche aussi UTM d’arriver sur les magasins d’applications tiers comme Aptoide ou SetApp. Selon les règles pour la distribution logicielle d’Apple, une application n’a pas le droit de « télécharger, installer ou exécuter du code qui introduit ou modifie des caractéristiques ou des fonctionnalités de l’application, y compris d’autres applications ». Pour UTM, qui peut justement servir à installer des vieux jeux PC sur un environnement virtuel, c’est donc niet.

Des changements surtout cosmétiques

Le refus de la firme d’apposer son sceau de validation sur UTM empêche donc l’application d’arriver sur les canaux de distribution officiels, même ceux justement censés être plus « ouvert » que ceux d’Apple. Les mêmes règles et le même contrôle s’appliquent peu ou prou aux applications venant de l’App Store ou celles venant de magasins tiers, réduisant largement l’intérêt de cette ouverture promise par Apple.

L’affaire n’est pas exactement une surprise, Apple n’a jamais caché son envie de contrôler la distribution de tous les logiciels développés pour iOS et iPadOS. Cependant, l’affaire UTM prouve que l’arrivée des magasins tiers sur iPhone n’est bel et bien qu’un changement cosmétique et qu’Apple continue d’imposer sa loi et ses principes sur sa plateforme, en plus de compliquer la vie de celles et ceux qui voudraient aller voir au-delà de l’App Store.

Pas sûr que cela plaise à Bruxelles qui a justement ratifié le DMA pour assurer un « accès équitable, raisonnable et non discriminatoire » à la concurrence. Il y a quelques semaines, Margrethe Vestager (Commissaire européenne à la Concurrence) regrettait déjà que « le modèle de conformité d’Apple ne semble pas répondre aux objectifs » du texte. À voir si cette affaire pourrait apporter de l’eau au moulin de la Commission, qui semble prête à taper sur les doigts d’Apple si besoin. Rappelons qu’en cas de non-respect de la loi, Bruxelles peut imposer une amende allant jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires mondial d’Apple.


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