Pénaliser davantage Huawei ? C’est possible et les États-Unis s’apprêteraient à le faire

Ça ne va pas en s'arrangeant...

 

L'administration Trump chercherait à sanctionner encore davantage Huawei en élargissant la portée de l'embargo infligé par les États-Unis. Si cette initiative se concrétise, la firme chinoise aurait encore plus de difficultés à se fournir en composant auprès de ses collaborateurs étrangers.

Les États-Unis ont inscrit Huawei sur une liste noire. De fait, aucune entreprise américaine ne peut collaborer avec le géant chinois sans une autorisation spécialement attribuée. Ce n’est pas tout : des firmes étrangères utilisant une certaine quantité de technologies américaines ne peuvent pas non plus fournir librement Huawei.

D’après deux sources de Reuters, l’administration du président Donald Trump chercherait à alourdir l’embargo infligé à Huawei, car oui, cela semble possible. En effet, les lignes de production cruciales de l’entreprise chinoise échappent encore aux restrictions étasuniennes. Ainsi, même s’il ne peut plus proposer d’appareils dotés des services Google, le constructeur continue de jouir de nombreuses ressources pour fabriquer des produits.

Ce constat nourrirait une frustration croissante à Washington, lit-on dans l’article Reuters. Pour y remédier, l’administration Trump chercherait à renforcer la loi De Minimis qui détermine à quel point les États-Unis peuvent appliquer leur autorité sur un produit étranger contenant des technologies américaines afin d’en réguler l’export.

Alourdir l’embargo

Aujourd’hui, les États-Unis peuvent demander une autorisation spéciale ou carrément bloquer l’exportation vers la Chine d’un produit high-tech étranger dont 25 % de la valeur dépend des technologies américaines qu’il contient. Selon les sources bien informées de Reuters, le département du Commerce voudrait faire baisser ce seuil à 10 % et étendre ce droit aux composants moins sensibles et moins complexes.

On apprend ainsi que le département du Commerce aurait soumis ce nouveau règlement au Bureau de la gestion et du budget après une entrevue entre les deux entités. Si le projet est validé par d’autres agences gouvernementales, cette loi pourrait être adoptée dans quelques semaines.

Entraver les lignes de production de Huawei

L’idée évidemment serait de mettre encore plus de bâtons dans les roues de Huawei qui dépend évidemment de plusieurs fournisseurs à travers le monde pour concevoir ses infrastructures 5G — soupçonnées d’espionnage par les États-Unis — et ses appareils destinés au grand public. Concrètement, le géant chinois aurait encore moins de liberté pour choisir ses collaborateurs et cela pourrait évidemment affecter l’efficacité de sa production.

Reuters souligne par ailleurs que des entreprises américaines s’inquiètent de ce genre de mesure en estimant qu’elles pourraient indirectement en faire les frais. En effet, on imagine que certains fournisseurs de Huawei, pour ne pas perdre ce précieux client, décideraient de faire moins appel à des technologies issues des États-Unis.

Enfin, notons que même si l’heure n’est pas à la fête, Huawei a enregistré une importante hausse de son chiffre d’affaires en 2019 malgré l’embargo. À cet égard, plusieurs responsables de la firme ont même affirmé que ledit embargo pouvait durer éternellement, cela n’empêcherait pas l’entreprise d’exister.

En 2019, le monde de la tech a été fortement agité par l’affaire opposant Huawei aux États-Unis. Alors que nous dressons le bilan de l’année qui vient de s’écouler, ce feuilleton méritait évidemment notre attention.
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