Bentley Torcal : et si c’était un Porsche Cayenne en smoking ?

Un Cayenne en smoking

 
Bentley a présenté le 23 septembre 2026 à Londres le Torcal, son tout premier véhicule 100 % électrique : un SUV de 888 chevaux et jusqu’à 600 km d’autonomie WLTP. La marque britannique débarque sur ce terrain plusieurs années après Rolls-Royce, Porsche et Mercedes.

Bentley parle d’une électrique depuis presque dix ans. La marque de Crewe, fondée en 1919, la sort enfin. Et le calendrier prête à sourire, Bentley dégaine son premier VE pile quand le segment tousse.

Le Torcal devient la quatrième famille de la gamme, aux côtés de la Continental GT, de la Flying Spur et du SUV Bentayga. C’est bien un SUV, dessiné, développé et assemblé à Crewe : cinq mètres de long, 460 litres de coffre, plus 90 litres à l’avant (le fameux « frunk »). Bentley insiste d’ailleurs si peu sur le côté électrique qu’on croirait presque qu’elle préfère ne pas en parler.

Deux versions au lancement. Le Torcal de base développe 821 chevaux, le Torcal S grimpe à 888 chevaux et expédie le 0 à 100 km/h en moins de 3 secondes. La batterie de 113 kWh tourne en 800 volts, pour une autonomie annoncée jusqu’à 600 km sur le cycle européen WLTP.

Attention au chiffre venu des États-Unis. Les 375 miles vantés outre-Atlantique correspondent à ces 600 km WLTP. Sur le cycle américain EPA, plus sévère, Motor1 précise que Bentley table plutôt sur un peu plus de 300 miles, soit environ 480 km. Côté recharge, la plateforme encaisse jusqu’à 400 kW : 10 à 80 % en 16 minutes, promet le constructeur.

Sous le Bentley, un Porsche Cayenne électrique

Car le Torcal ne part pas d’une feuille blanche. Il repose sur la plateforme PPE (Premium Platform Electric), développée par Porsche et Audi au sein du groupe Volkswagen. C’est la base du Porsche Cayenne électrique.

Bentley hérite ici d’une architecture 800 volts et d’une recharge rapide que le Rolls-Royce Spectre, resté en 400 volts, ne peut pas suivre. Toute la question est de savoir ce que la marque ajoute par-dessus le Cayenne : isolation acoustique, finitions à la main, laine Merino, bois recyclé. Et surtout ce qu’elle facture pour ça.

Rolls-Royce Spectre // Source : Robin Wycke – Frandroid

Le SUV de luxe, la dernière poche rentable

Ce retard a une logique commerciale. Pendant que le marché de masse de l’électrique patine, les SUV de luxe à six chiffres tiennent leurs volumes. Bentley écoule environ 15 000 voitures par an, toutes motorisations confondues, et vise précisément cette clientèle-là.

La concurrence, elle, n’a pas attendu. Le Porsche Taycan Turbo S roule depuis 2019, le Mercedes EQS AMG depuis 2022, le Rolls-Royce Spectre depuis 2023. Les constructeurs premium ont tous basculé, du Range Rover électrique au Volvo EX60. Et derrière, le luxe électrique chinois commence à lorgner l’Europe, de la concurrente de Rolls-Royce signée Huawei aux berlines qui ressemblent à des Porsche pour 27 000 euros.

Le Torcal démarre autour de 173 300 livres, soit environ 200 000 euros, et le Torcal S grimpe à près de 199 300 livres (autour de 230 000 euros). Les premières livraisons sont attendues à l’été 2027. De quoi se glisser entre le Taycan Turbo S (environ 190 000 euros) et le Spectre (environ 330 000 euros), sur le seul créneau où le luxe électrique gagne encore de l’argent.


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