
Depuis un an, vous voyez déambuler autour de vous un peu plus de petites 4L Renault. Pas celles d’antan, non, mais des versions électriques -et revisitées- de ce modèle mythique de 1961.
Du même acabit que la Renault R5 E-Tech, la R4 électrique est un SUV électrique typé néo rétro qui commence à trouver son public. Son succès est incontestable (certes, bien moindre que sa grande soeur, la R5). Et pour fêter dignement sa première année de commercialisation, quoi de mieux que de tirer davantage le filon de la nostalgie.

Ainsi pour cet été, le SUV urbain électrique au losange s’offre une déclinaison, baptisée Plein Sud. En hommage à la 4L Plein Air de 1968, dépourvue de toit.
Attention, ne l’appelez surtout pas cabriolet, ce n’en est pas un : ici, pas de capote qui bascule ni de coffre sacrifié. Mais le constructeur a repris le concept du toit-toile en le modernisant un peu, avec donc un grand toit ouvrant à toile électrique rétractable.
Une R4 E-Tech pour rouler cheveux au vent, une variante plutôt rare parmi les modèles électriques de nos jours. Un premier bon point donc.

Si le constructeur français réveille le souvenir des découvrables populaires, n’allez pas croire que le plaisir de rouler cheveux au vent n’exige pas quelques sacrifices derrière. Est-ce là que réside le coup de génie ?
La nouvelle architecture de la R4 E-Tech conserve-t-elle l’intégralité des attributs pratiques du SUV classique ? Nous nous sommes chargés de tester la R4 E-Tech Plein Sud en version Techno dotée d’une batterie de 52 kWh alimentant un moteur de 150 ch. En route.

Côté look, la R4 se permet d’enlever le haut…
La R4 Plein Sud n’est plus vraiment un petit crossover, ni un mini cabriolet. Pour la recette de la voiture décapsulée, vous prenez la même base, mais vous y ajoutez un nouvel ingrédient, le toit-toile. Et c’est le fournisseur allemand Webasto qui se charge de le mettre en valeur.
La modification a consisté à faire sauter le plafond, soit supprimer le pavillon, tout en gardant les montants, pour le remplacer par un système de capote à trois plis noire, robuste et chic, qui se rétracte jusqu’à la lunette arrière en quelques secondes de manière électrique, après avoir actionné le bouton du plafonnier – jusqu’à 90 km/h.

Un peu à la manière d’une Fiat 500 baptisée « cabriolet ». Le conducteur et les passagers peuvent ainsi découvrir un panorama à ciel ouvert de 1 m² (long de 92 cm et large de 80 cm). Il y a aussi un petit déflecteur livré de série, vous savez c’est ce petit filet anti-remous fixé à l’encadrement au sommet du pare-brise qui sert à orienter le courant d’air.
Pour limiter les torsions de caisse à haute vitesse — en virage comme sur les bosses —, le pavillon reçoit aussi des éléments de rigidification (plus lourds), une attention indispensable pour toute découvrable digne de ce nom.

Pas de signe distinctif pour la version Plein Sud
Cette toile est strictement la seule différence entre la R4 classique et la version Plein Sud. Le modèle se place toujours dans la catégorie des petits SUV électriques, mesurant 4,14 mètres de long pour un empattement de 2,62 mètres.
Là où un vrai cabriolet condamne le volume de chargement, la Plein Sud préserve fièrement ses 420 litres de coffre, son seuil de chargement ultra-bas à 60 cm et ses cinq vraies places.

La R4 séduira pour son espace pratique optimisé pour les poussettes, planches de surf ou autres vélos pour enfants, ainsi que sa capacité de tractage pouvant aller jusqu’à 750 kg. L’esprit utilitaire et malin de la vieille 4L n’a pas bougé d’un iota.

Et côté look, on a toujours l’aspect général cubique, la petite custode qui fait office de 3e vitre à l’arrière, les protections factices sur le bas des portières, et les feux en forme de gélules à l’arrière. Tous ces éléments font encore leur petit effet, malgré le toit-toile qui leur vole la vedette.

Peut-être une petite déception, il n’y a pas le moindre petit signe distinctif, de logo spécifique sur la carrosserie un peu à la manière d’une série limitée, pour signifier qu’il s’agit d’une version découvrable.
Lorsque le ciel est sombre et qu’il faille rouler avec la toile fermée, on en oublierait presque qu’il s’agit d’un modèle saison printemps/été tant les tons extérieur/intérieur restent austères… Les coloris de la R5, du jaune pop ou vert pomme, auraient bien sied à la R4 Plein Sud ! On ne comprend pas ce choix…

Un intérieur R5, mais céleste
Si on vous dit que rien ne change entre la R4 classique et la R4 décapsulée, c’est que rien ne change. Donc pour ce qui est de l’intérieur et son univers technologique, le modèle électrique se calque sur la R5.

La planche de bord high-tech et son système Android Automotive ultra-réactif sont reconduits, un ensemble bien fait doté de deux dalles numériques. Il y a aussi les mêmes tissus en jeans et ses rangements en partie basse pour la version haut de gamme Techno. On n’en oublie pas l’espace aux jambes des plus corrects à l’avant et à l’arrière.

Aucune modification, ou presque ! Un seul geste suffit pour métamorphoser l’habitacle : presser le bouton chromé au niveau du plafonnier et laisser le toit s’entrouvrir en quelques secondes. En se rétractant au-dessus des passagers, la capote en toile laisse place à un véritable bain de lumière, venant caresser leurs visages pour une expérience à ciel ouvert des plus agréables. Et pour avoir comparé la place du conducteur et celles des passagers arrière, c’est la banquette qui en profite le plus !

Quelle sensation au volant pour cette Renault 4 sans toit ?
Sous le capot, on retrouve la mécanique bien connue de la gamme : un moteur de 110 kW (disponible en 150 ch), associé à la batterie de 52 kWh pour une autonomie allant jusqu’à 392 km selon le cycle WLTP.
Au volant, l’agrément est immédiat. Le couple instantané de 245 Nm offre des relances énergiques en deux temps. Le typage des suspensions, plus souple que celui d’une R5, met l’accent sur le confort de roulement.

Notre modèle d’essai s’est révélée stable et sain dans son comportement routier, tout en manquant un peu de motricité. Même équipé du système optionnel Extended Grip (350 euros !) pour contrôler la puissance aux roues sur des terrains difficiles (anti-patinage intelligent) et de ses pneus quatre saisons Goodyear, le véhicule peine à convaincre, que ce soit sur bitume sec ou sur les chemins.
La future version à transmission intégrale est prévue d’ici quelques mois, mais en attendant mieux vaut s’en tenir aux pneus d’origine. Vous profiterez ainsi pleinement du confort et du toucher de route du train arrière multibras (emprunté à la R5 mais assoupli pour l’occasion).

Là encore, le comportement routier offre sensiblement le même ressenti entre les deux versions classique et Plein Sud. Le plus important, c’est de voir l’impact qu’a cette toile sur la conduite, rétractée et non rétractée.
Équipé d’une double couche, le toit en tissu protège l’ensemble des passagers des bruits d’air lorsqu’il est fermé. Et à haute sollicitation, comme sur l’autoroute, il ne laisse pas le niveau sonore monter quand nous sommes lancés à haute vitesse. Bien sûr que ce n’est point parfait, mais le filtrage est suffisamment bien fait pour nous permettre de tenir une conversation avec mon copilote sans hausser le ton.

En pressant le bouton et laissant le ciel pénétrer l’habitacle de la R4 Plein Sud, on a là logiquement un changement d’ambiance. Bien sûr qu’à plus de 70 hm/h, il y a des remous d’air. Et on se surprend à se boucher les oreilles quand on roule plus vite, voire même parler plus fort. Mais c’est le jeu et peut-être la contrepartie pour rouler dans des modèles cheveux au vent.
Qui peut se targuer de voir beaucoup de décapotables sur les voies rapides de toute façon ?

Le déflecteur, qui s’active automatiquement pour juguler les bruits d’air et optimiser l’acoustique en roulant, fait particulièrement son job. Car on s’est amusé à appuyer dessus et le baisser en roulant, les bourdonnements sont vraiment très présents et éreintants, même en quelques secondes de jeu.
Le saute-vent fonctionne donc très bien une fois déployé. En revanche, les occupants des places avant sont, pour leur part, mieux protégés des courants d’air que ceux à l’arrière. Mais ces derniers bénéficient de la vue.

Le toit-toile a-t-il un impact sur la conso ?
Bien sûr, tout n’est pas tout rose sous le soleil de la Plein Sud. L’autonomie théorique affiche jusqu’à 392 km (WLTP), mais, la réalité calmera rapidement les ardeurs des grands voyageurs, la consommation grimpant vite lorsque le toit est ouvert.
Sur un trajet de plus de 2h30, mêlant petites rues en ville, routes sinueuses en montagne et voies rapides, plus de 16 kWh/100km ont été enregistré au compteur de notre modèle d’essai.

Ce qui ne nous assure pas d’atteindre l’autonomie annoncée par le constructeur, mais plutôt 360 km. Et vous pouvez être sûrs de dépasser les 20 kWh/100 km sur autoroute, donc un arrêt aux bornes sera de mise tous les 200 ou 250 kilomètres pour alimenter votre auto.
Heureusement, la recharge rapide permet de passer de 15 à 80% en une trentaine de minutes pour repartir à l’assaut des routes de vacances, ce qui reste correct sur le marché.
Pour aller plus loin
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Pour rappel, son homologue avec un toit classique en tôle est donnée pour 410 km WLTP grâce à une aérodynamique étudié et 19 kg en moins.

Naturellement, avec cette voiture, mieux vaut privilégier le réseau secondaire, là où la pédale de frein ou d’accélérateur ne seront pas sursollicitées. La consommation descendra ainsi largement à moins de 15 kWh/100 km.
Et puis, le comportement dynamique de cette R4 n’incite guère à une conduite sportive : la direction manque un peu de consistance — y compris lorsque le mode Sport est activé — et une forte relance à la sortie d’un virage peut provoquer un petit patinage des roues.

Le plaisir de conduite pur n’est pas sa priorité, mais la R4 Plein Sud se rattrape largement par son niveau de confort. Ses suspensions absorbent efficacement les irrégularités de la route : en milieu urbain, rouler en R4 Plein Sud se révèle plutôt fluide et apaisant.

Quel est le prix pour regarder le ciel ?
Combien coûte cette R4 électrique avec un toit-toile ? Vous allez être surpris… D’abord parce que la Plein Sud est une version à part entière et qu’il ne s’agit en aucun cas d’une option à ajouter dans votre configurateur.
Puis, par son prix. La Plein Sud n’est pas disponible en finition d’entrée de gamme, mais seulement en intermédiaire Techno et en haut de gamme Iconic. Ce qui fait d’office gonfler la facture.

La 4L décapotable démarre au prix de 37 290 euros, hors bonus ou à partir de 32 460 euros avec les primes « coup de pouce » pouvant aller de 3 620 à 4 830 euros. Pour s’offrir ce toit rétractable chic, il s’agit donc d’une différence de 1 800 euros supplémentaires par rapport à la R4 E-Tech classique. Un effort financier à faire du côté des clients, un poil plus élevé que l’option toit ouvrant classique ou panoramique fixé sur d’autres modèles à environ 1000 euros.
Pour information, la finition Iconic se dote -en plus de la Techno- du chargeur de smartphone à induction, des volant et sièges avant chauffants, du hayon électrique et de l’Active Driver Assist, moyennant 2 000 euros supplémentaires, soit un total de 39 290 euros.

Mais rappelons que le développement d’une telle carrosserie, sans toit ni montants, sur un véhicule électrique est très rare, et a le mérite d’exister. La concurrence directe se trouve ainsi du côté de la Fiat 500e « cabriolet », proposée à partir de 32 000 euros.





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