Les voitures électriques résistent en France : 17 % de parts de marché en avril 2024

Pas de Tesla dans le top 3

 

Selon les derniers chiffres du cabinet AAA Data, les ventes de voitures électriques sont en hausse en France au mois d'avril. Une bonne nouvelle, malgré des prix en hausse.

C’est un fait, les voitures électriques sont de plus en plus nombreuses sur les routes. Et pour cause, les ventes ont dépassé celles du diesel en Europe et ont atteint les 20 % l’an dernier, tandis que les immatriculations en France ont grimpé de 37 % en décembre par rapport à l’année précédente.

Une croissance stable

Oui, mais voilà, les ventes ont chuté à l’échelle européenne au mois de janvier, en raison notamment de la baisse des aides gouvernementales, puisque le bonus écologique est passé à 4 000 euros en France. Sans parler du fait qu’il n’est désormais plus attribué aux voitures électriques chinoises. Un détail qui n’en est pas un, car les automobilistes estiment toujours que cette motorisation coûte trop cher, malgré les remises en tout genre. Néanmoins, une autre étude se voulait plus optimiste sur la question.

« Dans un contexte de tassement du marché 100 % électrique en Europe, le marché français conserve une trajectoire de croissance soutenue à plus de 25 % et gagne encore 3 points de part de marché à 16 % par rapport à avril 2023. »

Menée par l’Agence Internationale de l’Energie, celle-ci prévoit une forte croissance des voitures électriques dans le monde dans les prochaines années. Cette tendance est confirmée par les chiffres tout juste dévoilés par le cabinet spécialisé dans les données automobiles, AAA Data. Dans son communiqué, ce dernier nous indique, en effet, que les ventes de véhicules zéro-émission (à l’échappement) ont grimpé de 45 % au mois d’avril, avec une part de marché qui atteint les 17 % en France.

Peugeot e-2008 // Source : Marie Lizak pour Frandroid

Une bonne nouvelle pour le secteur, alors que pas moins de 146 977 immatriculations de voitures neuves ont été enregistrées sur le territoire durant le mois dernier, contre 132 506 en avril 2023. Mais attention, car ces chiffres doivent toutefois être nuancés. Et pour cause, l’année dernière, le mois comptait deux jours ouvrés de moins, ce qui revêt une certaine importance. En prenant en compte ce détail, la croissance est nettement moins forte qu’annoncée, avec une hausse de 0,4 %.

Ce qui témoigne cependant d’une certaine stabilité du marché, toutes motorisations confondues. De plus, on note une diminution globale des ventes de voitures neuves en France. En effet, l’augmentation était de seulement 7 % entre janvier et avril, contre 17 % sur la même période l’année dernière. La baisse du bonus écologique a évidemment un rôle à jouer dans cette tendance, puisqu’il a chuté de 1 000 euros à partir du 1ᵉʳ janvier 2024, sans compter l’introduction du score environnemental. Sans parler de la hausse du malus écologique et du malus au poids.

Des prix en hausse

Vous l’avez compris, c’est encore et toujours le prix qui pose un problème aux automobilistes, alors que ce dernier est en hausse constante. Comme l’indique AAA Data, le tarif moyen hors bonus a augmenté de 2 % par rapport à l’an dernier et est affiché à 41 998 euros. Une tendance qui est cependant inégale selon les constructeurs, puisque MG a fait grimper ses voitures électriques de 10 %, tandis que celles de Smart ont flambé de 45 % en un an. Sans surprise, les modèles thermiques restent toujours moins chers, et l’écart demeure très grand.

Le cabinet annonce pas moins de 14 813 euros de différence avec l’essence, contre 13 028 euros au premier trimestre 2023. Pour le diesel, l’écart est nettement plus réduit, puisqu’il est actuellement affiché à 3 882 euros contre 3 813 euros au premier trimestre 2023. Mais celui-ci tend à se réduire, puisque les voitures électriques deviennent de plus en plus abordables et que la parité se rapproche enfin. Cela grâce à la chute du coût du lithium et à la guerre des prix menée par les différents constructeurs.

Renault Twingo E-Tech // Source : Renault

En attendant, les automobilistes se tournent majoritairement vers la location longue durée, tandis que le leasing social a également rencontré un grand succès, à tel point qu’il a dû être interrompu jusqu’à l’année prochaine. L’occasion constitue aussi une alternative intéressante, puisque les transactions de voitures éligibles à la vignette Crit’Air 0 ont bondi de 64 % en avril, avec une part de marché de 2 %.

Comme au mois de décembre, c’est toujours la Peugeot e-208 qui domine le classement des ventes de voitures électriques, avec 3 185 immatriculations. Elle est suivie par la Peugeot e-2008 (2 164 ventes) et la Renault Twingo (1 842 ventes). Vous l’aurez compris : pas de Tesla dans le top 3, mais c’est assez peu surprenant : les ventes de voitures Tesla accélèrent toujours en fin de trimestre.