
Encore méconnu en Europe cinq ans plus tôt, BYD a connu une progression fulgurante sur notre continent depuis son arrivée en 2023. En 2025, le constructeur chinois a vu ses ventes grimper de 270 %, avec pas moins de 188 000 véhicules vendus sur le territoire. Mais la firme basée à Shenzhen ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, bien au contraire. Ainsi, elle prévoit notamment de produire directement sur place ses voitures électriques. Et ce afin d’échapper aux droits de douane mis en place par Bruxelles sur les voitures électriques chinoises.
BYD a construit sa propre usine en Hongrie, qui entrera officiellement en service d’ici à la fin de l’année 2026. La firme prévoit déjà un second site sur le continent, mais avec une stratégie différente. En effet, il n’est ici plus question de faire sortir une usine de terre. Car l’entreprise envisage plutôt d’en utiliser une qui existe déjà.

C’est ce qu’a récemment confirmé sa vice-présidente, Stella Li, lors de la présentation de la nouvelle Dolphin G PHEV. Relayée par le site Automotive News Europe, elle a déclaré aux journalistes que « nous préférerions reprendre une usine existante ». Pour le moment, aucun pays n’a encore été confirmé, mais la femme d’affaires a précisé que l’Espagne faisait partie des favoris. Et ce alors que les coûts de production y sont particulièrement bas. Que ce soit pour le prix de l’énergie comme de la main d’oeuvre.
Jusqu’ici, c’est la Turquie qui tenait la corde pour ce deuxième site européen. BYD avait annoncé dès l’été 2024 une usine à Manisa, près d’Izmir, avec un investissement d’environ un milliard de dollars (près de 920 millions d’euros) et une ouverture visée fin 2026. Mais le chantier n’a jamais démarré, et le constructeur a fini par mettre ce projet sur pause pour se concentrer sur le sud de l’Europe, à l’intérieur de l’Union.
De grandes ambitions
Mais pourquoi le géant chinois préfère-t-il désormais se tourner vers une usine déjà existante ? A vrai dire, il y a plusieurs raisons. Et la principale est de ne pas perdre de temps, comme le confirme Alfredo Altavilla, conseiller principal de BYD en Europe. Ce dernier indique sans détour qu’« il n’y a pas de temps pour construire une usine neuve aujourd’hui. Tout ce qu’on peut faire, c’est trouver un terrain industriel désaffecté, le rénover et le remettre à neuf ».
Tout cela alors que l’Union européenne prévoit d’imposer des règles « Made in Europe » sur la production locale de voitures électriques. Or, ces mesures devraient entrer en vigueur avant que les nouvelles usines puissent démarrer leur production. De plus, utiliser un site déjà existant permettrait bien sûr à BYD de réaliser de réelles économies.
Mais aussi de s’éviter bien des tracas administratifs, notamment dans les phases préliminaires avant une éventuelle construction. On se rappelle notamment des protestations contre l’implantation de la Gigafactory de Tesla à Berlin.

En parallèle, les constructeurs européens font face à des soucis de sous-capacité dans leurs usines sur leur territoire. Ils sont de plus nombreux à ouvrir les portes de ces dernières à des marques chinoises. On pense par exemple à Peugeot avec Dongfeng ou encore Ford avec Geely. Et plus récemment à Nissan, qui va aussi accueillir le groupe chinois dans son site de Sunderland. Par ailleurs, BYD a confirmé avoir mis sur pause son projet de construction en Turquie pour le moment.
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