Activision Blizzard : Microsoft ne s’opposera pas à la création d’un syndicat

 

En plein processus d'acquisition, Microsoft a été prise à parti dans le conflit qui oppose Activision-Blizzard et ses employés, en particulier dans le studio Raven Software.

Activision Blizzard HQ

Le rachat d’Activision Blizzard par Microsoft n’est pas seulement historique par son montant record de 70 milliards de dollars ou parce qu’il s’agit de l’un des plus gros éditeurs au monde. C’est aussi chez cet éditeur que se déroule un enjeu majeur pour l’industrie : la création d’un syndicat dans un studio AAA pour la première fois aux États-Unis.

Une partie des employés du studio Raven Software, qui travaille sur la juteuse licence Call Of Duty, aimerait en effet créer un syndicat pour mieux défendre ses droits face à l’éditeur, sur fond d’une accumulation de scandale chez le géant du jeu vidéo.

Pourquoi Microsoft est-il impliqué ?

Après la demande des employés en janvier, Activision Blizzard a envoyé une information à ses actionnaires indiquant que la société pourrait ne pas reconnaitre le syndicat ou entrer dans des négociations sans plusieurs prérequis. Avoir l’accord de Microsoft faisait partie des prérequis en question.

Pour faire avancer le dossier, les employés de Raven Software ont donc pris l’initiative d’envoyer une lettre à Microsoft, publiée dans le journal Seattle Times ce dimanche. Dans cette lettre, les employés demandent si Microsoft donne son accord à Activision Blizzard pour reconnaitre le syndicat. Elle demande également quelles sont les conditions que Microsoft pourrait demander à Activision Blizzard en cas de négociations avec le syndicat.

A version of the letter is also slated to run in Microsoft's backyard this weekend in the Sunday edition of the Seattle Times pic.twitter.com/e1sHUSKFLY

— Stephen Totilo (@stephentotilo) March 24, 2022

Les employés pointent aussi du doigt la collaboration entre Activision Blizzard et la société ReedSmith, connue pour ses connaissances en unionbusting, c’est-à-dire des tactiques pour empêcher la création d’un syndicat dans une société et empêcher les employés de mutualiser leurs intérêts dans les négociations. Le groupe d’employé aimerait que Microsoft fasse pression sur Activision-Blizzard pour arrêter cette campagne.

Microsoft peut-il vraiment agir ?

Le site Axios a pu recevoir une réponse de la part d’un représentant de la firme de Redmond : « Microsoft ne se mettra pas dans le chemin si Activision Blizzard décide de reconnaitre ce syndicat ». Une réponse peu engageante qui ne devrait pas satisfaire les employés.

Microsoft respecte le droit des employés d’Activision Blizzard de choisir s’ils souhaitent être représentés par une organisation syndicale et nous honorerons cette décision.

Comme le précise Axios, Microsoft n’indique pas si la firme a explicitement discuté de ces sujets avec Activision Blizzard. Il faut toutefois rappeler que Microsoft n’est pas encore propriétaire d’Activision Blizzard. La société a seulement annoncé son intention de faire un rachat et doit désormais être approuvée par différentes instances. Le rachat ne devrait être bouclé que dans les 13 prochains mois. En attendant, Microsoft n’a légalement aucun droit sur Activision Blizzard, et doit au contraire prendre soin de ne pas diriger les décisions de l’éditeur.

La réponse molle de Microsoft s’explique d’elle-même, la firme ne pourrait probablement pas faire mieux sur ce dossier en particulier. Cependant, on peut estimer que cette obligation arrange bien Microsoft. La firme essaie autant qu’elle peut de se donner une bonne image à l’extérieur à travers des initiatives sur l’accessibilité ou l’inclusivité. Or, Microsoft n’a jamais été particulièrement favorable à la création de syndicats et a été plusieurs fois pointée du doigt pour des problèmes de management dans ses studios. En particulier vis-à-vis des contractuels chez 343 industries.

Sans parler d’Activision Blizzard, Microsoft pourrait s’engager publiquement en faveur de la création de syndicats dans le jeu vidéo, pour être du bon côté de l’Histoire. Mais cela semble très peu probable en l’état. Quand les intérêts financiers dépassent l’envie de se donner une bonne image.

 


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