Introduction

Du haut de son milieu de gamme, le Motorola One Zoom veut jouer dans la cour des grands photographes. Il arbore sans gêne un quadruple module photo incluant un zoom optique x3 et un zoom logiciel x10, avec un capteur principal de 48 mégapixels. Mais verra-t-il trouble en pratique ? Bienvenue dans notre test.

Le Motorola One Zoom.

Avant, le zoom x10 était l’apanage de coûteux flagships, tel le Huawei P30 Pro ou le Oppo Reno 10X Zoom. Mais ça, c’était avant la venue du Motorola One Zoom, troisième représentant de la gamme Motorola One. Plus onéreux que ses prédécesseurs, il se veut être un photophone à prix intermédiaire — et reste moins cher que le Honor 20 Pro, qui lui aussi a un zoom optique x3.

Fiche technique

Commençons avec un petit détour par la fiche technique.

Modèle Motorola One Zoom
Version de l'OS Android 9.0
Interface constructeur Android Stock
Taille d'écran 6.39 pouces
Définition 2340 x 1080 pixels
Densité de pixels 403 ppp
Technologie OLED
SoC Snapdragon 675
Puce Graphique (GPU) Qualcomm Adreno 612
Mémoire vive (RAM) 4 Go
Mémoire interne (flash) 64 Go
Appareil photo (dorsal) Capteur 1 : 48 Mpx
Capteur 2 : 8 Mpx
Capteur 3 : 16 Mpx
Appareil photo (frontal) 25 Mpx
Enregistrement vidéo 4K
Wi-Fi Wi-Fi 5 (ac)
Bluetooth 5.0
Réseaux LTE, HSPA, GSM
Bandes supportées 2100 MHz (B1), 800 MHz (B20), 1800 MHz (B3), 2600 MHz (B7), 700 MHz (B28)
NFC Oui
Capteur d'empreintes Oui
Ports (entrées/sorties) USB Type-C
Batterie 4000 mAh
Dimensions 75 x 158 x 8.8mm
Poids 190 grammes
Couleurs Argent, Violet, Bronze
Prix 449€
Fiche produit

Ce test a été réalisé avec un smartphone prêté par la marque.

Design

La silhouette générale du Motorola One Zoom est assez similaire à celle de ses deux cousins, le One Action et le One Vision. On retrouve ainsi un format allongé avec un front et un menton d’épaisseur raisonnable, qui ne ressortent pas excessivement par rapport aux bordures latérales. Le poids est tout à fait standard avec 190 grammes, tout comme les 8,8 millimètres d’épaisseur.

La différenciation se fait sur les détails. Au lieu d’une bulle, une petite encoche en demi-cercle accueille la caméra frontale. Le One Zoom se distingue à l’arrière avec quatre capteurs photo, disposés en carré en haut au centre. Petit détail mignon, chacun de ces « yeux » se distingue sur la taille et la couleur : un violet grand ouvert (capteur principal) en côtoie un bleu tout petit (capteur de profondeur), en dessous de deux objectifs vert (téléobjectif) et jaune (ultra grand-angle).

Les capteurs sont intégrés à un très grand module photo rectangulaire, malheureusement assez protubérant. Le module a un reflet texturé et inclut le sigle Motorola, avec une belle impression de propreté. Petite touche agréable, le logo s’allume en même temps que l’écran, comme sur un MacBook. Il tient le rôle d’une LED de notifications en clignotant doucement, et indique aussi si la charge du téléphone est en cours ou terminée.

Le dos en aluminium offre un joli dégradé brossé et n’accroche pas du tout les traces de doigts, ce qui est bien rare de nos jours ! Il tient bien en main, mais à nu, c’est presque impossible d’ignorer la taille du module photo. Motorola fournit le smartphone directement dans une coque transparente. Celle-ci a un fond texturé qui donne un effet intéressant de quadrillage, mais elle attire aussi plus vite la saleté.

Les boutons de volume sont rangés sur le bord droit, juste au-dessus du bouton d’allumage. Sans coque, ce dernier se distingue par une texture rayée, immanquable et quelque peu agressive pour les doigts sensibles. Le haut-parleur se trouve sur la tranche supérieure, un choix est assez surprenant qui fait qu’on a tendance à mettre le doigt dessus (et à étouffer brusquement le son !) quand on regarde une vidéo. Mais ce n’est pas un vrai soucis, et on s’habitue vite à tenir le smartphone correctement. Le téléphone se recharge par une prise USB-C et dispose d’une prise jack en bas à droite.

Écran OLED au service minimum

L’écran AMOLED de 6,4 pouces de diagonale s’étend sur un format longiligne de 19:9, pour une définition Full HD+ et un ratio écran à corps de 85 %. Il intègre un lecteur d’empreintes qui fonctionne bien. Comme pour tout OLED qui se respecte, le contraste tend vers l’infini et on retrouve une bonne luminosité maximale de 626 cd/m². De quoi utiliser son smartphone même en plein soleil, sans gêne majeure.

Pour autant, Motorola n’est pas allé pêcher le meilleur écran OLED du marché. On obtient un delta plutôt décevant de 6, ce qui signifie que les couleurs affichées sont un peu éloignées de ce qu’elles devraient être. Niveau gamme de couleurs, l’espace sRGB est bien couvert à 101 %, ce qui était le minimum attendu. Le DCI-P3, plus exigeant, n’est lui couvert qu’à 68 %. Ce n’est pas extraordinaire, mais c’est tout à fait tolérable sur du milieu de gamme.

En mode d’affichage « couleurs naturelles », la température de l’écran est de presque 7 600 K (contre les 6 500 K idéaux), ce qui est assez bleuté, mais reste dans la moyenne. Les paramètres permettent deux autres modes d’affichage, « contrasté » et « saturé », où la température de l’écran est encore plus élevée.

Ceci n’est pas Android One

Adieu, Android One. Motorola a dû abandonner cette certification pour le One Zoom, et pour une bonne raison : l’intégration d’Amazon Alexa à direction des consommateurs américains. En effet, Android One est une version quasi pure d’Android qui ne peut pas être modifiée par les constructeurs. Notre modèle de test était dépourvu de l’assistant vocal de Jeff Bezos, et nous n’avons donc pas pu nous pencher dessus.

Au-delà de ces questions de vocabulaire, Motorola est resté fidèle à lui-même. L’interface d’Android 9 Pie est très proche de celle de Google. Appuyer longuement sur le bouton central permet d’appeler Google Assistant, avec un joli effet quadricolore. Peu de logiciels supplémentaires sont installés par défaut, au point que le tiroir d’applications entier tient dans l’écran. Le patch de sécurité est relativement récent, en l’occurrence celui de juillet 2019.

Le logiciel offre des possibilités de personnalisation intéressantes. On peut par exemple choisir entre quatre formes différentes pour les icônes de l’écran d’accueil, ou alors modifier leur disposition sur la grille. Le principal bémol est l’absence de navigation par gestes. En 2019 et avec un écran qui recouvre bien la façade, c’est dommage de devoir encore s’appuyer sur une barre virtuelle en bas.

Le Motorola One Zoom comporte comme d’habitude les « gestes Moto », comme secouer son appareil deux fois pour allumer la lampe torche, ou faire pivoter deux fois le poignet pour ouvrir l’appareil photo. Ceux-ci ne sont pas forcément pratiques au quotidien, car ils sont assez fatigants, mais ils ont le mérite d’être amusants. Comme sur les modèles précédents, on peut activer ou désactiver chacun de ces gestes dans une application dédiée.

Performances

Le Motorola One Zoom embarque 4 Go de RAM et un Snapdragon 675, un SoC assez performant qui permet une utilisation globalement fluide au quotidien. Des jeux comme Asphalt 9 ou Playerunknown’s Battleground tournent sans accrochage avec les réglages par défaut, même si l’appareil chauffe vite. Sur certaines applications comme notamment Twitter, on constate pourtant un léger lag en tapant sur le clavier GBoard. Ce décalage s’oublie vite, mais c’est un peu dommage pour un smartphone de milieu de gamme.

  Motorola One Zoom Motorola One Vision Samsung Galaxy A70 Google Pixel 3a XL
SoC Snapdragon 675 Exynos 9609 Snapdragon 675 Snapdragon 670
AnTuTu 7.x 148 429 141 249 168 892 152 727
PCMark 2.0 6 929 6 556 7 050 7 333
3DMark Slingshot Extreme 1 034 1 367 976 1 626
3DMark SSE (Graphics) 887 1 207 821 1 486
3DMark SSE (Physics) 2 470 2 552 2 875 2 429
GFXBench Car Chase (onscreen / offscreen) 7,2 / 8,1 FPS 7,8 / 9,3 FPS 11 / 10 FPS 11 / 11 FPS
GFXBench Manhattan (onscreen / offscreen) 19 / 21 FPS 21 / 24 FPS 27 / 29 FPS 28 / 29 FPS
Lecture / écriture séquentielle 463 / 258 Mo/s 496 / 189 Mo/s 487 / 193 Mo/s 305 / 169 Mo/s
Lecture / écriture aléatoire 30,0k / 25,9k IOPS 28,8k / 3,2k IOPS 31,5k / 5,49k IOPS 18,9k / 20,3k IOPS

Sur les différents benchmarks que nous avons effectués, le One Zoom se place à peu près aux côtés du One Vision, doté lui d’un Exynos 9609. À SoC équivalent, il fait un peu moins bien qu’un Samsung Galaxy A70.

Photographie

La photo est bien sûr l’argument de vente principal du Motorola One Zoom. Le quadruple module arrière renferme un capteur principal de 48 mégapixels avec un objectif ouvrant en f/1,7, un ultra grand-angle 117° de 16 mégapixels, un téléobjectif de 8 mégapixels avec zoom optique x3 doté d’un stabilisateur d’image, et un capteur de profondeur de 5 mégapixels. Le tout produit des images de 12 mégapixels.

L’avant se contente d’un seul capteur photo de 25 mégapixels avec objectif ouvrant en f/2,0. Il est logé dans une encoche en demi-cercle et produit des images de 6,25 mégapixels. Côté vidéo, la caméra frontale permet d’enregistrer en 4K à un framerate de 30 fps. On se contentera au dos d’une définition Full HD (1080p), à 30 fps également.

 

L’appareil photo s’en sort très bien en conditions normales — ce qui est le minimum attendu pour un smartphone de milieu de gamme. Les 48 mégapixels du capteur principal permettent un excellent rendu des détails. Le piqué reste correct en zoom optique, mais est moins bon sur le grand-angle. La plage dynamique est large, le smartphone parvenant à capturer aussi bien la lumière que les détails dans l’obscurité. Un peu de bruit numérique peut se rajouter sur les photos dans un intérieur moins éclairé, mais il n’y a rien de grave.

Le zoom offre également un grossissement par dix tout à fait convenable. Malgré une perte visible en qualité du fait du traitement logiciel, c’est assez spectaculaire à l’usage. Le smartphone parvient ainsi à se focaliser des détails autrement difficiles à capturer, même en détourant une partie d’une image prise avec le capteur principal.

Une fois le soir tombé, le Motorola One Zoom propose des photos bien détaillées qui accentuent les lumières, quitte à s’éloigner de la réalité. Le ciel nocturne peut par exemple apparaître beaucoup plus clair qu’il ne l’est vraiment. Les modes « normal » et « nuit » sont tous deux applicables, et ce dernier tend à accentuer l’effet quelque peu surréel des photos.

Quand le zoom est enclenché, le mode normal souffre d’un bruit numérique bien visible sur toutes les zones moins éclairées. Le mode nuit lisse ces aspérités. À noter que le coefficient de grossissement n’est plus affiché dans ce mode, et sur la jauge de zoom, les « paliers » correspondant à chaque focale ne sont plus indiqués. À part ces détails d’interface, la puissance du zoom est la même que d’habitude.

Globalement, le principal défaut photographique de ce smartphone est la fidélité des couleurs. Celles-ci sont plus saturées avec les focales grand-angle et zoom que sur le capteur normal, et la transition entre les trois n’est donc pas lisse. Comme souvent sur les ultra grand-angles, des aberrations chromatiques viennent entourer les zones de forte luminosité, en l’occurrence par du violet.

Le mode nuit tend à faire tirer sur le jaune la lumière orangée des lampadaires. Et certaines couleurs ne sont simplement pas les bonnes : cette fresque a beau être clairement rouge à l’œil nu, elle apparaît marron sur la photo.

Les couleurs ne sont malheureusement pas toujours fidèles à la réalité.

Les selfies en mode normal sont à la hauteur du reste de l’appareil. Mais le mode portrait fait un travail qui oscille entre l’acceptable et le pas du tout recommandable. Les cheveux sont détourés assez grossièrement. Certaines mèches sont floutées et le reste donne parfois l’impression d’un photoshopage amateur. On trouve tout de même un moyen de s’en sortir si on règle le bokeh à un niveau limité.

Batterie

Sur le papier, le Motorola One Zoom dispose d’une belle batterie de 4000 mAh, ce qui est un peu plus que ses cousins Action et Vision. Et pourtant, tout comme eux, il tend à s’essouffler. Notre protocole de test Viser ne le place qu’à 10 heures et 24 minutes, et cela se ressent aussi à l’usage. En utilisation modérée (navigation web, réseaux sociaux et photo), le téléphone se vide en un peu plus d’une journée et demie.

C’est bien dommage, car on s’attendrait à plus d’endurance vu la capacité de la batterie. Avec l’adaptateur fourni et une recharge 15 watts, il faut presque une heure à la batterie pour passer de 10 % à 50 % de remplissage. Une charge complète lui nécessite un peu plus de deux heures et demie.

Prix et disponibilité

Le Motorola One Zoom a été lancé au prix de 449 euros.

Galerie photo

Test Motorola One Zoom Le verdict

design
8
Visuellement travaillé, agréable au toucher et pas du tout salissant, on l'utiliserait volontiers sans coque si le module photo était moins encombrant.
logiciel
8
Si l'ajout d'Amazon Alexa empêche la certification Android One, on retrouve exactement ce même logiciel épuré et sans encombrements. Les gestes Moto sont là pour ceux qui voudraient les expérimenter.
écran
7
La dalle OLED satisfera la plupart des utilisateurs, mais il tire sur le bleuté. Les paramètres de couleur ne permettent que d'augmenter encore plus la température d'écran.
performances
7
En embarquant un Snapdragon 675, le One Zoom s'assure une fluidité en jeu même s'il chauffe vite. C'est dommage que l'on retrouve un lag à l'écriture dans certaines applications.
autonomie
5
La batterie n'est pas vraiment à hauteur de la concurrence, que ce soit sur la vitesse de chargement ou sur la durée de la décharge.
caméra
8
Un zoom optique comme celui-ci, on en retrouvera difficilement ailleurs sur un smartphone de cette gamme. Les détails sont nets et la plage dynamique est large. Dommage que les couleurs soient parfois éloignées de la réalité.
Note finale du test 7/10
Le Motorola One Zoom porte bien son nom, et il faut saluer l'audace de son téléobjectif sur un segment de prix intermédiaire. On lui pardonnera volontiers la colorimétrie parfois étonnante de ses photos, surtout de nuit, car disposer d'un zoom optique x3 change vraiment la donne. Les amateurs de détail et d'Instagram seront ravis, mais si vous tenez à avoir des photos naturelles, ce n'est peut-être pas le smartphone à avoir. Le design de l'appareil est aussi propre que le logiciel. Mais ce n'est ni une bête de puissance ni d'autonomie, et il faudra faire avec.
Points positifs
  • Zoom optique x3 et numérique x10
  • Design qui se démarque à l'arrière
  • Simplicité logicielle égale à Android One
Points négatifs
  • Couleurs peu fidèles en photo
  • Batterie limitante
  • Quelques lenteurs logicielles