Renault contre Stellantis : pourquoi la nouvelle catégorie de petites voitures électriques en Europe ne plaît pas à tout le monde

 
Les nouvelles règles de l’Europe sur 2035 et le développement des petites voitures électriques abordables n’enchantent pas tous les constructeurs. Si Renault est ravi, Stellantis pourrait être un grand perdant… même si tout n’est pas fait.
Dacia Hipster Concept // Source : Cetadi Prod

Après de longs mois de rumeurs et de lobbyisme, la Commission européenne a officialisé sa nouvelle ligne de conduite sur le développement de la voiture électrique.

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Fini le 100 % électrique en 2035, mais des ajustements (parfois questionnables) pour autoriser un peu de thermique… et l’adoption d’une nouvelle catégorie M1E, réservé aux petites voitures électriques. Une mesure qui ravit Renault et beaucoup moins Stellantis, si on en croit Automotive News Europe.

Une catégorie sur-mesure pour Renault

Cette catégorie M1E correspond aux voitures électriques de moins de 4,20 mètres de long, fabriquées dans l’Union européenne.

Cette catégorie ouvre droit à de nombreux avantages, même s’ils restent encore à adopter : pour le constructeur, des « super-crédits » carbone, où une voiture « M1E » comptera comme 1,3 voiture dans la flotte de la marque ; de quoi abaisser la moyenne CO2.

Renault Twingo E-Tech // Source : Renault

Pour les propriétaires, un ensemble de mesures incitatives, comme un bonus à l’achat majoré, des frais de stationnement ou de péage allégés, et pourquoi pas une recharge moins coûteuse.

En d’autres termes, un accord intégral avec les souhaits de François Provost, nouveau PDG du Groupe Renault. Il faut dire qu’avec une vaste gamme de voitures électriques éligibles (Renault Twingo, R5, R4, Mégane, Alpine A290 et bientôt Dacia Spring), cet objectif semble être taillé sur mesure.

Stellantis est moins convaincu

Une situation qui arrange beaucoup moins un autre poids lourd des citadines en Europe : Stellantis. Dans un communiqué, le groupe franco-italien regrette que « les propositions ne traitent pas de manière significative les problèmes auxquels le secteur est actuellement confronté » avec des règles qui « ne favorisent pas la production de véhicules abordables pour la grande majorité des clients ».

Concept Citroën ELO // Source : Citroën

Il faut dire que, dans l’état des choses, Stellantis bénéficierait moins de cette catégorie que Renault : plusieurs SUV (Peugeot E-2008, Citroën ë-C3 Aircross) sont trop grands et d’autres voitures électriques ne sont pas produites au sein de l’UE (Fiat Grande Panda, une partie des Citroën ë-C3), sans compter que le groupe espérait une introduction de voitures thermiques dans cette catégorie.

Ceci dit, tout n’est pas perdu. Contacté par nos soins, le cabinet du ministère de l’Industrie nous a confirmé que cette norme M1E ouvrait la voie à « une catégorie intermédiaire entre quadricycles et voitures [particulières] », un peu à la manière d’un Dacia Hipster, et à laquelle Stellantis semble être ouvert : le patron de Citroën avait récemment évoqué une possible descendante de la petite C1 si la régulation l’y autorisait.


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