Fairphone a présenté ce matin son nouveau smartphone et ses nouvelles actions pour une industrie de la téléphonie plus juste.

Après le 1er Fairphone en 2013 (60 000 ventes), et le Fairphone 2 en 2015 (115 000 ventes), l’entreprise sociale néerlandaise Fairphone a présenté ce matin le Fairphone 3, un nouveau smartphone réparable, plus durable et plus social. Alors que le Fairphone 2 était déjà dépassé au lancement, tant sur le plan technique qu’esthétique, ce qui le réservait à des consommateurs vraiment très engagés, pour qui les critères environnementaux et sociaux étaient primordiaux, le nouveau modèle est nettement plus en phase avec le marché. Tout comme un produit alimentaire biologique, il demeure deux fois plus cher qu’un produit conventionnel équivalent, mais il ne demande pas d’aussi grandes concessions que ses prédécesseurs.

Une fiche technique assez moderne

Alors que l’apparence assez grossière du Fairphone 2 détonnait dès son lancement, le Fairphone 3 ressemble à certains smartphones d’entrée de gamme contemporains. Hormis sa coque noire translucide, rien ne révèle au premier coup d’œil qu’il est réparable. Le nouveau Fairphone arbore en effet un écran de 5,65 pouces au format 18:9, reposant sur une dalle IPS d’une définition de 1080 x 2160 pixels (427 pixels-par-pouce), recouverte de verre renforcé Corning Gorilla Glass 5. Avec 158 x 71,8 x 9,89 mm pour 189 g, l’appareil parait un peu épais et un peu lourd, mais il parait aussi plus solide que son prédécesseur. Il est certifié IP54 et devrait résister à des éclaboussures.

Pour son nouveau smartphone, Fairphone a mis l’accent sur la photo, qui était certainement le principal frein à l’adoption ou à la conservation d’un Fairphone 2, même avec les nouveaux modules lancés en 2017. Le Fairphone 3 embarque effectivement un capteur Sony IMX363, celui des… Google Pixel 3, parmi les smartphones les plus doués en photo du marché ! Testé par VCX, un concurrent de DxOMark, il obtient un score de 64/100, à égalité avec le Samsung Galaxy S9 et à 1 point des Pixel 3. D’une définition de 12 millions de pixels, il filme en Ultra HD 4K à 30 i/s. Le capteur frontal fait quant à lui 8 millions de pixels.

Comme nous l’avait confié le fondateur de Fairphone, Bas Van Abel, il y a deux ans, le nouveau téléphone abrite par ailleurs des composants d’entrée ou de milieu de gamme. Pour commencer, il embarque un Qualcomm Snapdragon 632, une puce lancée fin 2018, comportant notamment un CPU à huit cœurs Qualcomm Kryo 250 cadencés à 1,8 GHz, un GPU Qualcomm Adreno 506, un modem Qualcomm Snapdragon X9 (téléchargements jusqu’à 450 Mb/s) et un contrôleur Wi-Fi 5 et Bluetooth 4.2.

L’ensemble est alimenté par une batterie d’une capacité modeste de 3000 mAh, ce qui ne l’empêche pas de revendiquer une autonomie d’une journée entière, sa puce étant économe en énergie.

Enfin, l’appareil exécute une version « pure » d’Android 9 Pie, avec la certification et les applications Google, mais aucune application tierce pré-installée. Un firmware entièrement open source, dépourvu des services Google, est prévu, mais il ne sera pas disponible dès le lancement. Et si le bootloader est verouillé d’origine (c’est nécessaire pour les entreprises), il est déverouillable.

Un téléphone encore un peu plus réparable

En plus de prendre des mesures, qui feront l’objet d’un autre article, en faveur d’une chaîne de production plus « juste », Fairphone reconduit naturellement la conception modulaire, qui permet à l’utilisateur de réparer son téléphone, éventuellement de mettre à niveau certains modules, ce qui garantit une meilleure longévité du matériel, donc de réduire son impact environnemental et social.

Le Fairphone 3 est même un peu plus modulaire que son prédécesseur : le « bottom module » a été divisé en deux, le haut-parleur (19,95 euros) et le port USB-C (19,95 euros) sont désormais séparés. La carte mère demeure solidaire de la coque, mais on peut toujours démonter et remplacer le « top module » (29,95 euros), intégrant écouteur, appareil photo frontal et capteurs frontaux, l’écran (89,95 euros), la batterie (29,95 euros), l’appareil photo principal (49,95 euros) et la coque (49,95 euros).

Il faut désormais un tourne-vis, fourni, pour démonter n’importe lequel de ces sept modules, alors qu’on pouvait démonter la coque, la batterie et l’écran sans outil sur le Fairphone 2. En contrepartie, le téléphone est à la fois plus solide et plus compact.

Le fabricant promet en outre 5 années de mises à jour de sécurité et de mises à jour d’Android.

Et pour prolonger encore sa longévité, le Fairphone 3 propose un mode de recharge économe de sa batterie, plus lent, mais réduisant l’usure des cellules. Le fabricant promet en outre 5 années de mises à jour de sécurité et de mises à jour d’Android.

Prix et disponibilité

Le Fairphone 3 sera disponible en France et en Europe à partir du 3 septembre, au prix de 450 euros. C’est sensiblement moins que les 525 euros du prix de lancement du Fairphone 2, mais un peu plus que les 399 euros auxquels il était vendu depuis un an. C’est 2 à 3 fois le prix de smartphones disposant de fiches techniques équivalentes, ce qui en fait de nouveau un smartphone avec un rapport performances/prix assez peu compétitif, mais avec le meilleur score environnemental et social. Le téléphone est dès à présent en précommande sur le site internet de Fairphone. Orange et Sosh le distribueront à nouveau, à partir du 10 septembre en magasin.