Enfin, le gouvernement et l’Arcep viennent de livrer toutes les informations nécessaires aux opérateurs mobiles pour préparer l’arrivée de la 5G en France dès 2020.

Les Echos viennent de publier une interview Agnès Pannier-Runacher, la secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances quelques jours après que l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des Postes) ait publié sa décision relative aux modalités et aux conditions d’attribution d’autorisations d’utilisation de fréquences dans la bande 3,4 ‑ 3,8 GHz en France qui sera le point de départ et la bande-cœur de la 5G.

Nous sommes bien en retard par rapport au planning initial, l’Arcep et le gouvernement ont pris plus de temps pour se mettre d’accord sur les paramètres de l’enchère. Nous en parlions la semaine dernière, l’attribution mixte est un enjeu important pour les opérateurs mobiles français qui risquent de payer le prix fort pour les bandes de fréquences. Même si l’Etat se réjouira des entrées d’argent, ce montant pourrait être répercuté sur les prix des abonnements ou sur l’investissement nécessaire au déploiement des équipements 5G.

Un premier bloc de 50 MHz qui « permet d’atteindre 830 mégabits par seconde de débit crête »

Les quatre opérateurs, Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free Mobile, pourront donc acquérir un premier bloc de 50 MHz pour 350 millions d’euros. Selon l’Etat, ce bloc « permet d’atteindre 830 mégabits par seconde de débit crête ». Pour l’Arcep et les opérateurs mobiles, 50 MHz sont insuffisants. C’est pour cela que l’Arcep militait pour un bloc plus large, de 60 MHz, permettant à tous les opérateurs d’avoir d’office un matelas confortable pour lancer la 5G.

Le chiffre qui était attendu était le prix plancher de l’enchère d’attribution, la Commission des participations et des transferts (CPT) en a établi le prix à hauteur de 2,18 milliards. L’Etat a déclaré dans la foulée que le prix plancher sera de 2,17 milliards.

Cela signifie que cette enchère permettra à l’Etat de récupérer au moins 2,17 milliards d’euros, mais ce montant peut monter à plus de 4 milliards d’euros en fonction de la concurrence pour les enchères sur les 110 MHz restants. Car ces 110 MHz seront ensuite vendus aux enchères par tranches de 10 MHz, à partir de 70 millions d’euros chacune. Cela signifie qu’un opérateur qui souhaite posséder 100 MHz de fréquences (le maximum possible) devra débourser au moins 700 millions d’euros.

Au moins 2,17 milliards d’euros pour le budget de l’Etat

La 5G va donc coûter au moins 2,18 milliards d’euros aux opérateurs télécoms français. 1,4 milliards pour les quatre premiers blocs de 50 MHz, puis au moins 70 millions par bloc de 10 MHz mis aux enchères, avec 11 blocs au total. Etant donné que les licences sont accordées pour quinze ans, cela signifie que l’Etat va empocher au moins 145 millions d’euros de budget par an.

Le risque est de voir des opérateurs mobiles comme Free Mobile et Bouygues Telecom ne pas pouvoir bénéficier d’autant de fréquences que Orange et SFR qui ont des moyens financiers plus conséquents. Nous serons fixés d’ici mars 2020, pour un déploiement de la 5G commerciale à partir de mai 2020.

Réseau 5G : tout ce qui va changer, quels usages et pourquoi la technologie est importante