Tracter une remorque et charger les vélos en voiture électrique sans exploser le budget : voici les modèles qui le font vraiment

 
Barres de toit, attelage, prix contenu : le triptyque idéal pour une voiture polyvalente sans exploser son budget. Mais dans l’univers électrique, trouver ce profil relève encore un peu du parcours du combattant, car ce genre de prestations est souvent associé aux SUV et grandes berlines. Pourtant, en cherchant un petit peu, il est possible de trouver certains modèles annoncés comme « accessibles » avec des barres de toit, un attelage et des capacités suffisantes pour s’en servir sans trop se poser de question.

Il y a une certaine logique à vouloir une petite voiture. On ne part pas en vacances avec un camping-car toute l’année, et la majorité des trajets quotidiens ne nécessitent pas un SUV familial 7 places.

Une citadine ou un petit SUV suffit la plupart du temps, à condition de pouvoir charger les vélos sur le toit et d’accrocher une remorque de jardinage quand le besoin se présente pour certains.

Cette exigence peut paraître un brin extravagante pour qui ne veut pas d’un gros SUV électrique capable de tracter sans sourciller, et pourtant, dès qu’on cherche cette combinaison sur un véhicule électrique à budget raisonnable, la liste se rétrécit rapidement.

Nous nous sommes donc demandé s’il existait des « petites » voitures électriques, et par conséquent pas forcément très chères, capables de tracter et d’être équipées de barres de toit en croisant les données de la base EV Database avec un critère simple : proposer à la fois des barres de toit homologuées et un attelage avec une capacité de remorquage convenable, le tout au prix catalogue le plus accessible possible.

Les modèles peu communs mais à ne pas oublier

Commençons avec les modèles plus ou moins accessibles, c’est-à-dire au-delà de 30 000 euros, un prix conséquent certes, mais largement dilué par les éventuels bonus et, évidemment, le très classique financement en LOA ou LLD.

La Nissan Leaf, à partir de 35 300 euros, affiche l’autonomie la plus rassurante du lot, avec environ 436 kilomètres annoncés en cycle WLTP, sur la version à batterie de 52 kWh. Une vraie différence par rapport aux autres modèles du classement, nous allons le voir. Sa capacité de remorquage plafonne à 975 kg, et la charge admissible sur le toit atteint 75 kg. Mais à ce tarif, elle dépasse déjà le seuil psychologique des 35 000 euros, ce qui limite mécaniquement son public.

À l’inverse de ses rivales, la Nissan Leaf n’est pas pensée pour le remorquage : Nissan ne propose officiellement qu’un attelage amovible en accessoire, et la capacité de traction reste modeste. C’est un point à vérifier auprès du concessionnaire avant d’envisager une remorque, d’autant que la donnée varie selon les marchés.

Juste derrière, à 31 990 euros (en Allemagne, les prix français n’ont toujours pas été annoncés malgré la présentation de la voiture il y a plusieurs mois), le Toyota Urban Cruiser joue une partition plus compacte, avec une batterie de 49 kWh. Il peut tracter jusqu’à 750 kg (remorque freinée), ce qui le rend compatible avec la plupart des petites remorques. La charge sur le toit est limitée à 50 kg, ce qui suffit pour deux vélos, à condition de ne pas y empiler des bagages lourds en plus.

Son cousin technique, le Suzuki e Vitara, arrive à 28 500 euros avec des caractéristiques strictement identiques en matière de remorquage et de charge sur le toit. L’écart de prix entre les deux tient davantage à la stratégie commerciale des marques qu’à une différence de fond, tout en sachant que les deux partagent la même plateforme et le même groupe motopropulseur.

Pour environ 25 000 euros, il y a un peu de choix

On passe désormais chez Stellantis, avec l’Opel Frontera qui pointe en quatrième position à moins de 25 000 euros. Son cas est un peu particulier : avec la batterie de 44 kWh, la capacité de remorquage tombe à 350 kg, ce qui exclut bon nombre de remorques courantes.

Il faut opter pour la version à batterie légèrement plus grande pour atteindre 550 kg. Autrement dit, la version d’entrée de gamme répond moins bien au critère principal du classement. La charge sur le toit maximale est annoncée à 75 kg.

Le Top 3 est occupé par des modèles dont les prix commencent à être réellement accessibles, même si « accessible » reste relatif dans le contexte électrique actuel, et même dans le contexte du marché automobile plus global.

Le Kia EV2 monte sur la troisième marche à partir de 26 670 euros. C’est le petit dernier de la marque coréenne, équipé d’une batterie de 41 kWh. Il remorque jusqu’à 750 kg (une valeur appréciable pour sa catégorie), supporte 70 kg sur le toit et offre un poids sur la boule (la valeur S) de 100 kg, le plus élevé du classement puisque ce chiffre tourne autour de 75 kg en règle générale. Ce dernier chiffre a son importance : une boule bien dimensionnée facilite l’utilisation d’un porte-vélos d’attelage, qui représente souvent l’usage le plus courant dans cette catégorie.

Les deux premières places sont partagées. La première revient à la Fiat Grande Panda électrique disponible à partir de 22 400 euros. Héritage de la Panda thermique, voiture accessible par excellence, la version électrique essaie de garder cette même image, sans totalement y parvenir, mais en s’en approchant.

Elle remorque jusqu’à 550 kg, porte 75 kg sur le toit et supporte 65 kg sur la boule. Rien d’exceptionnel sur le papier, mais un équilibre correct pour une voiture de cette gamme de prix.

Et en tête du classement, la Citroën ë-C3 autonomie confort, à partir de 23 450 euros. Techniquement très proche de la Grande Panda (les deux partagent la même plateforme via le groupe Stellantis), elle s’en distingue surtout par son poids maximal sur la boule de 61 kg, contre 65 pour la Fiat. La différence est minime en pratique.

Sur nos deux derniers modèles, c’est évidemment le positionnement tarifaire qui fait la différence : elles font partie des voitures électriques neuves les plus abordables du marché français.

Pas les voitures idéales, mais de quoi sérieusement dépanner

Ce classement est utile, mais il mérite quelques nuances. D’abord, sur la méthode : la base de données utilisée ne répertorie pas toujours la charge admissible sur le toit pour l’ensemble des modèles disponibles.

Cela signifie que certaines voitures (la Renault 5 E-Tech ou la Renault 4 E-Tech, par exemple, citées par des lecteurs dans les commentaires) n’apparaissent pas dans ce palmarès, non pas parce qu’elles ne remplissent pas les critères, mais parce que plusieurs données correspondantes ne sont tout simplement pas disponibles, à commencer par la charge sur le toit par exemple. Même chose pour l’une des voitures électriques les moins chères actuellement, à savoir la Twingo E-Tech où aucune donnée officielle n’est disponible.

Le tableau est donc partiel, même s’il donne une bonne idée des options existantes. Ensuite, sur les capacités de remorquage elles-mêmes : il faut distinguer les remorques freinées des non freinées. Les 750 kg annoncés pour plusieurs modèles correspondent généralement aux remorques freinées. Or les remorques vendues en grande surface (celles qu’on loue pour un déménagement ou un aller-retour à la déchetterie) ne sont pas toujours équipées de freins.

Le Kia EV2, selon les données publiées, est homologué pour 750 kg avec ou sans freins. D’autres modèles du classement ne précisent pas ce détail, ce qui peut créer quelques surprises désagréables si on souhaite remorquer. Enfin, il faut garder les pieds sur terre concernant les prix.

La Citroën ë-C3 à 23 450 euros, c’est le prix d’entrée de gamme avec la batterie permettant de faire plus de 300 km WLTP. La version la moins chère de la gamme, qui débute en dessous des 15 000 euros avec les différents bonus, ne bénéficie pas des équipements nécessaires pour ce qui nous intéresse dans cet article. Et son autonomie de 200 km homologués a de quoi décourager.


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