« Un véritable fossé » : les promesses de BYD sur son système de conduite autonome mises à mal par les clients

 
Les voitures électriques et hybrides de BYD sont toutes vendues en Chine avec un système de conduite semi-autonome, baptisé God’s Eye. Une prouesse technologique sur le papier, mais les capacités réelles interrogent.
BYD God’s Eye B // Source : BYD

Le marché automobile chinois est si concurrentiel que chaque marque doit, tant bien que mal, tirer son épingle du jeu sous peine d’être rapidement dépassée.

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Maintenant que la Chine a sonné la fin de la « guerre des prix », le terrain d’affrontement devient technologique, aussi bien au niveau des batteries que de la conduite semi-autonome : de plus en plus de nouveaux modèles annoncent des puces surpuissantes, capables de gérer une conduite autonome en ville et sur autoroute.

Sur le sujet, BYD semble avoir pris un coup d’avance en offrant son système « God’s Eye » sur l’intégralité de sa gamme en Chine, mais un dossier de Bloomberg semble indiquer que la réalité n’est pas aussi réussie que veulent faire croire les annonces officielles.

Un nom pour différentes technologies

Avant tout, rappelons un élément fondamental : sous le terme ombrière « God’s Eye » se cache trois niveaux de technologies.

Le système God’s Eye C est dédié aux voitures d’entrée de gamme, comme la petite BYD Seagull (vendue en Europe sous le nom de BYD Dolphin Surf) et ne repose que sur un système de radars et de caméras, offrant des capacités équivalentes aux voitures vendues en Europe : régulateur adaptatif et maintien en voie.

BYD God’s Eye C // Source : BYD

Le God’s Eye B se retrouve sur le milieu de gamme (comme la récente Seal 07) et débloque cette fameuse conduite semi-autonome en ville, un peu à la manière du FSD de Tesla. Enfin, le God’s Eye A est réservé aux marques de luxe de BYD, comme Denza ou Yangwang, et fait appel à des LiDAR pour renforcer la qualité du système.

En cumulé, BYD annonçait que 2,5 millions de voitures étaient déjà équipées d’un des systèmes God’s Eye en Chine fin 2025.

Les yeux plus gros que le ventre ?

Un avantage concurrentiel majeur sur le papier, donc, mais Bloomberg recense plusieurs témoignages d’utilisateurs laissant croire à des failles du système : accélérations injustifiées, changements de direction ou fonctionnalités défaillantes, refus de priorités, non-reconnaissance des péages automatisés et des bretelles de sortie d’autoroute, etc.

Yangwang U8 // Source : Yangwang

Et si BYD et ses marques restent à l’écoute et corrigent généralement ces défauts via des mises à jour à distance, la question d’une arrivée sur le marché un peu trop précipitée reste en suspens.

« Il existe un véritable fossé entre les promesses du matériel et la mise en œuvre logicielle », confirme ainsi Varun Murthy, directeur senior et responsable des aides à la conduite chez SBD, un cabinet d’analyse.

Autre sujet : là où Tesla utilise les données des voitures sous FSD pour améliorer continuellement son système (la marque parle d’une banque de données « équivalant à plus de 100 ans » de conduite traditionnelle avec 800 000 km supplémentaires couverts toutes les 3,5 minutes), BYD semble se laisser distancer.

Tesla FSD // Source : Tesla

En effet, les analystes de Piper Sandler ont noté que « le système God’s Eye est impressionnant, mais au mieux, nous estimons que la plateforme de BYD génère moins de la moitié des données produites par le FSD de Tesla » : les voitures sous God’s Eye, moins entraînées par des situations de conduite réelles, sont donc moins à même de réagir correctement – l’immense flotte de voitures disposant de ce système ne faisant que grossir les probabilités de défaillance.

D’autres avantages concurrentiels

Et si son système God’s Eye ne semble donc pas aussi performant qu’espéré, BYD dispose d’autres arguments pour tirer son épingle du jeu – et annuler la baisse des ventes de ces plusieurs mois.

Rappelons que BYD développe et produit ses propres batteries, les fameuses Blade, qui viennent de recevoir une refonte majeure en progressant en densité énergétique, durée de vie… et vitesse de charge.

Station Flash Charging // Source : BYD

Grâce à la technologie Flash Charging 2.0, onze BYD, Denza et Yangwang peuvent dès aujourd’hui passer de 10 à 70 % de la batterie en 5 minutes et de 10 à 97 % en 9 minutes via des bornes (elles aussi développées et installées par BYD) d’une puissance totalement démesurée de 1 500 kW.

Enfin, à l’inverse des systèmes God’s Eye qui paraissent réservés à la Chine, le Flash Charging arrivera dès avril 2026 en Europe lors de l’arrivée de Denza dans nos contrées.


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