Pourquoi l’Autopilot de Tesla n’est plus le meilleur système d’aides à la conduite selon cette étude

 

L'organisme américain Consumer Reports a évalué douze systèmes de conduite autonome. Et l'Autopilot de Tesla se laisse distancer par ceux de Ford, General Motors et Mercedes. La firme américaine passe quant à elle de la 2ème à la 7ème place du classement, en un an. On vous explique pourquoi.

Article actualisé le 20 avril 2023

: À l’occasion du lancement de son système BlueCruise en Europe, Ford en a profité pour publier l’étude que nous avons relayé dans notre article original. Le constructeur américain a mis en ligne l’étude complète, sous forme PDF. Voici les résultats principaux.

On trouve la ligne « Capabilities and Performance » qui fait référence à la performance du sytème, la ligne « Keeping Driver Engaged’ qui fait référence aux fonctionnalités de sécurité permettant de s’assurer que le conducteur est toujours actif, « Ease of Use » pour la facilité d’utilisation, « Clear When Safe to use » qui permet de savoir facilement si le système peut-être activé et « Unresponsive Driver » pour noter le comportement de la voiture si le conducteur n’est plus attentif.

Etude Autopilot Tesla Consumer Report
Source : Consumer Report

Article original du 1er mars 2023

: Arrivé en 2015 sur la Model S, le système de conduite semi-autonome Autopilot développé par Tesla était à l’époque l’un des plus avancés du marché. Celui-ci associe alors pour rappel un régulateur de vitesse adaptatif et une assistance au maintien dans la voie, permettant alors à la voiture de rouler sans assistance du conducteur sur les voies rapides. Celui-ci doit néanmoins garder ses mains sur le volant, conformément à la réglementation sur la conduite autonome de niveau 2.

Une nette dégringolade

Depuis ses débuts, la conduite sans les mains de Tesla ne cesse de s’améliorer, alors que la marque propose également le FSD (full self-driving) en bêta-test aux États-Unis. Celui-ci prend alors la forme théorique d’un système de niveau 3, mais il s’agit légalement d’un système de niveau 2. Cela signifie que le conducteur reste responsable en cas d’accident, contrairement au niveau 3.

Or, depuis quelques années, de nombreux accidents viennent écorner la réputation de la conduite autonome de Tesla, alors qu’une nouvelle enquête vient d’être ouverte à la suite d’une collision mortelle aux États-Unis.

À tel point que l’Autopilot, déjà sous le coup d’accusations de la justice pour tromperie ne fait plus partie des systèmes de conduite autonome les plus performants du marché. C’est en tout cas ce qu’estiment les experts de Consumer Reports, version américaine de 60 Millions de Consommateurs. L’organisation américaine a en effet testé 12 technologies actuellement présentes sur le marché, le tout résumé dans une vidéo postée sur Youtube.

Si l’on pensait que Tesla proposait l’un des systèmes les plus perfectionnés, l’organisme nous prouve en réalité le contraire. Un vrai coup dur pour le constructeur, qui passe alors de la 2ème place l’an dernier à la 7ème position. Mais alors, comment cela s’explique-t-il ? Selon Consumer Reports, relayé par l’agence américaine Reuters, l’Autopilot n’a jamais vraiment fait évoluer ses fonctionnalités au fil des années, mais a ajouté des fonctions supplémentaires.

Malgré cela, le système « ne permet toujours pas la direction collaborative et ne dispose pas d’un système de surveillance du conducteur efficace« . Pourtant, les voitures de la marque sont bien équipées d’une caméra conçue pour détecter le niveau d’attention de la personne au volant de l’alerte si elle n’est pas attentive. Mais cela ne semble pas être suffisant, d’autant plus que certains conducteurs ont trouvé la parade pour que la voiture continue de rouler en mode autonome sans qu’ils n’aient à garder les mains sur le volant ou à regarer la route.

Ford au top

Actuellement, la NHTSA (National Highway Traffic Safety Administration), équivalent de la Sécurité Routière aux États-Unis enquête sur 830 000 voitures de la marque après une série d’accidents impliquant des véhicules de secours. Pas moins de 362 000 véhicules ont même été « rappelés » il y a quelques jours par les autorités, afin que Tesla retravaille le logiciel du FSD, qui ne respecterait pas le code de la route.

Ce dernier devrait alors être amélioré grâce à l’arrivée du Hardware 4, qui sera inauguré sur le Cybertruck. Il pourrait alors signer le retour du radar, actuellement remplacés par des caméras via le système Tesla Vision. Mercedes a de son côté décidé de prendre le chemin inverse, en équipant ses futures voitures d’un capteur LiDAR. La firme à l’étoile devance alors Tesla avec son système Drive Pilot en se plaçant 3ème dans le classement de Consumer Reports, juste derrière le Super Cruise de General Motors et le BlueCruise de Ford qui arrière en première position.

Pourquoi Tesla dégringole dans le classement

Pour justifier ce classement, l’organisme américain met en avant deux fonctionnalités importantes selon lui. Le premier, c’est la possibilité de corriger manuellement le placement dans la voie, en agissant sur le volant, sans que la conduite autonome ne se désactive. Très pratique pour laisser passer une moto ou un véhicule de secours. La seconde, c’est le fait de surveiller l’attention du conducteur via une caméra, pour que celui-ci n’ait pas besoin de tenir le volant. Deux points qui ne sont pas supportés par les Tesla pour le moment.

Ford a récemment annoncé avoir décidé d’arrêter de travailler sur la conduite autonome. Ainsi, il se pourrait que Mercedes continue de prendre de l’avance sur ses rivaux, alors qu’elle est la seule marque à être homologuée pour proposer la conduite autonome de niveau 3 en Europe, ainsi que dans l’État du Nevada, aux États-Unis avec son EQS. D’autres marques visent également ce niveau, comme Volvo avec son EX90, Lotus avec son Eletre ou encore Nio avec son EC7 récemment dévoilé.

Pour l’heure, la conduite autonome de niveau 3, c’est-à-dire sans être attentif à ce qui se passe sur la route, est autorisée en Europe et en France, jusqu’à une vitesse de 130 km/h. Néanmoins, le système Drive Pilot est limité à 90 km/h mais cela pourrait donc bientôt changer grâce à l’adoption d’un nouveau LiDAR. Celui-ci pourrait être inauguré sur la future Classe E dont l’intérieur vient d’être dévoilé.


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