Introduction

Le fabricant chinois Nubia, appartenant à ZTE, a été l’un des premiers à aller sur le terrain du gaming avec le Red Magic. Ce premier essai n’a pas été très concluant, mais le second dévoilait déjà un certain potentiel. Le Nubia Red Magic 3 se veut en être la libération. Pari réussi ?

Fiche technique

Modèle Nubia Red Magic 3
Version de l'OS Android 9.0
Interface constructeur Nubia UI
Taille d'écran 6.65 pouces
Définition 2160 x 1080 pixels
Technologie OLED
SoC Snapdragon 855
Puce Graphique (GPU) Qualcomm Adreno 640
Mémoire vive (RAM) 12 Go
Mémoire interne (flash) 256 Go
Appareil photo (dorsal) Capteur 1 : 48 Mpx
Capteur 2 : 5 Mpx
Appareil photo (frontal) 8 Mpx
Enregistrement vidéo 4K@60 IPS
NFC Inconnu
Batterie 5000 mAh
Dimensions x x mm
Couleurs Noir, Rouge
Prix 381€
Fiche produit

Ce test a été réalisé à partir d’un smartphone prêté par la marque.

Design

Le Nubia Red Magic 3 ne fait toujours pas évoluer la formule gaming du constructeur. On retrouve encore une fois une façade à grand écran sans encoche, mais arrondie sur les côtés, avec un front et un menton épais aux dimensions égales pour donner une certaine symétrie. On notera au moins les larges grilles haut-parleurs en haut et en bas qui se fondent dans la masse. C’était déjà vieillissant sur le modèle Mars, c’est tout simplement ancien sur ce modèle qui est un peu plus grand.

Au dos, rebelote.Toujours les touches de rouge çà et là, les lignes échancrées et le capteur d’empreintes en diamant. Si dans le détail certaines courbes, notamment de l’unique capteur photo dorsal, ont changé, ce n’est pas avec cela que l’on va réussir à changer de regard. La grande nouveauté est l’apparition d’une grille en bas du capteur, qui est l’entrée d’air du ventilateur actif du SoC.

La sortie d’air se trouve sur le côté droit, en grille. Un choix habile puisque le flux d’air n’est pas obstrué lorsque l’on utilise le smartphone en mode paysage en jeu. C’est là LE véritable changement de ce produit, que l’on abordera partie performance. Outre la grille, on trouve ensuite les boutons de volume et de verrouillage, placés là où le doigt se repose naturellement, ainsi que les fameuses gâchettes tactiles sur les deux côtés de l’appareil, qui sont plus compliquées à utiliser sur le plus grand gabarit de ce modèle, mais restent efficaces.

Sur la gauche, on retrouve l’interrupteur permettant d’activer le mode jeu, la trappe Dual SIM en dessous, et des pins de connexion pour des accessoires auxquels nous n’aurons pas forcément accès en France. En haut, la prise jack nous attend. En bas, une prise USB-C et une autre grille de ventilation.

Le smartphone ne fait tout simplement aucune impression. Sorti des notes rouges, il est banal, épais, glissant, et franchement lourd à 218 grammes. Nubia n’a fait que reprendre son Mars et lui rajouter un système de refroidissement actif. D’ailleurs, ce dernier fait qu’il est impossible de certifier ce smartphone contre l’immersion dans l’eau ou même la simple pluie. Imaginez que le ventilateur actif avale une goutte d’eau… Bref, ce compromis n’en vaut pas la peine.

Écran

Le Red Magic 3 s’équipe cette fois-ci d’une dalle OLED (contre IPS LCD sur les précédents modèles) plus grande, à 6,65 pouces. Elle propose également un taux de rafraîchissement à 90Hz cette fois-ci.

À l’œil, la dalle a l’air de proposer une luminosité très satisfaisante, d’autant que le problème de réglage des précédents modèles est ici corrigé. Par contre, la colorimétrie est loin de correspondre à la réalité, les couleurs sont beaucoup trop contrastées et le bleu s’exprime fortement.

Notre sonde confirme cette première impression, avec une température de couleurs moyenne mesurée à 7500K. La luminosité maximale s’affiche à 493 cd/m², un très bon résultat, quand les contrastes sont naturellement infinis, OLED oblige. L’espace de couleur sRGB est largement couvert.

Qu’en est-il du taux de rafraîchissement à 90Hz annoncé ? J’aimerais pouvoir vous le dire, mais il n’existe aucune option pour forcer cette activation dans les paramètres, et l’interface classique n’active jamais ce mode 90 Hz sur un usage quotidien. En jeu, on ne remarque pas non plus son activation. Au final, où est-il et quel est son intérêt ? Dieu seul le sait.

Dans les options, vous pouvez choisir le mode d’affichage à large gamut de couleurs ou le mode sRGB. C’est tout, et donc très limité par rapport à la concurrence.

Logiciel

L’expérience logicielle est la même que le Nubia Red Magic Mars, y compris les fonctionnalités gaming. Et ce avec les mêmes défauts et bugs, certains corrigés étant remplacés par d’autres. Je vous invite à consulter la partie dédiée dans le test du précédent modèle.

Ici, on notera une nouvelle fois que la navigation par geste n’est pas disponible, que la moitié de l’interface est toujours en anglais, et que certaines fonctionnalités basiques (notamment changer le mode de couleur de l’écran) provoquent des bugs forçant un redémarrage. Ça n’est pas admissible, surtout arrivé au troisième appareil d’une gamme ne se renouvelant qu’à peine chaque année.

Performances

Le Nubia Red Magic 3 s’équipe du Snapdragon 855 qu’il couple à 8 Go de RAM LPDDR4X dans notre configuration de test. Une configuration assez classique sur les smartphones haut de gamme de ce monde. Le Red Magic 3 a l’intérêt d’être plus accessible financièrement, mais aussi d’être le seul à disposer d’un refroidissement actif avec un petit ventilateur intégré.

Dans nos tests synthétiques, il faut reconnaître que ce dernier s’est comporté… étrangement. Malgré l’activation du mode haute performance, les capacités du Snapdragon 855 ne se débloquent pas intégralement sur AnTuTu, mais sont excellentes sur GFXBench. Il semble que quelques optimisations soient encore à faire.

Le ventilateur est très audible à pleine puissance, mais n’enregistre qu’un petit buzz peu dérangeant sur une utilisation classique ; on reste loin d’un PC. Notez que vous pouvez forcer le ventilateur à tourner au maximum de sa puissance ou en mode auto, mais ne pouvez pas programmer votre propre courbe de puissance.

  Red Magic 3 OnePlus 7 Pro Xiaomi Mi 9 Huawei P30 Pro (perf ON) Samsung Galaxy S10 (FHD+)
SoC S855 S855 S855 Kirin 980 Exynos 9820
AnTuTu 7.x 334 850 373 182 370 355 315 754 316 966
PCMark 2.0 8694 9 744 8 838 9 173 7 781
3DMark Slingshot Extreme 4 860 5 577 5 499 4 243 4 357
3DMark Slingshot Extreme Graphics 6 212 6 228 6 355 4 374 5 260
3DMark Slingshot Extreme Physics 2 758 4 084 3 737 3 841 2 752
GFXBench Aztec Vulkan high (onscreen / offscreen) 23 / 16 FPS 15 / 16 FPS 23 / 16 FPS 16 / 13 FPS 20 / 16 FPS
GFXBench Car Chase (onscreen / offscreen) 33 / 42 FPS 21 / 42 FPS 36 / 42 FPS 29 / 33 FPS 37 / 39 FPS
GFXBench Manhattan 3.0 (onscreen / offscreen) 61 / 101 FPS 55 / 101 FPS 60 /101 FPS 59 / 89 FPS 58 / 86 FPS
Lecture / écriture séquentielle 770 / 189 Mo/s 1 436 / 388 Mo/s 796 / 189 Mo/s 903 / 232 Mo/s 815 / 194 Mo/s
Lecture / écriture aléatoire 38k / 38k IOPS 43k / 7,2k IOPS 37,1k / 37,1k IOPS 43,4k / 66k IOPS 35,5k / 6,3k IOPS

Fortnite tourne à merveille avec les graphismes réglés en Epique, le rendu à 100% et le framerate à 30 FPS (le maximum autorisé au cours de ce test). Pas étonnant : nous connaissons le SoC. Il en va de même pour PUBG Mobile, réglé au maximum des capacités proposées : l’expérience est fluide et sans encombre.

Le ventilateur actif est sympathique, mais n’empêche pas le smartphone de chauffer : il retarde simplement l’apparition de la chaleur. En soi, si son effet est évident sur les performances sur de longues sessions, on ne pourra s’empêcher de penser au contrecoup sur le long terme. Avoir un tel système risque de créer des dépôts au sein de la chaîne de refroidissement, qui va donc finir par être encombrée et de moins en moins bien fonctionner. Or, sur smartphone, il est impossible d’ouvrir le système pour le désencrasser. D’autres smartphones réussissent à gérer la chauffe tout aussi bien sans avoir un système de refroidissement actif : autant les privilégier.

Le ventilateur est donc un gadget cool, mais complètement inutile. Autant acheter n’importe quel autre smartphone avec un Snapdragon 855 qui restera silencieux sans trop chauffer dans la majorité des cas.

Appareil photo

Capteur arrière

Le Red Magic 3 n’est équipé que d’un unique capteur au dos, mais pas des moindres : il s’agit de l’IMX 586, le capteur 48 mégapixels de Sony, ultra populaire sur le marché en ce moment et qui équipe de nombreuses configurations différentes chez la concurrence. Il est adossé à un objectif ouvrant en f/1,7. On connaît bien le capteur donc, qui est très performant : qu’en est-il de son optimisation logicielle ?

En plein jour, on retrouve effectivement les belles capacités de ce capteur qui offre des couleurs vives, mais naturelles et un excellent piqué. Le HDR fonctionne qui plus est très bien pour éviter de brûler certaines parties de l’image, notamment lorsque l’on pointe le capteur vers un ciel orageux face à une statue dans l’ombre. C’est vraiment très bon. On remarque tout de même que faire de la macro est compliqué pour ce téléphone

En basse luminosité, les couleurs sont bonnes, mais la netteté en prend un sacré coup. On voit que le smartphone a plus de mal à bien sélectionner son sujet principal, participant à l’apparition d’un léger flou. Le bruit est également bien marqué, quand bien même les conditions lumineuses sont loin d’être catastrophiques. C’est tout de même bon, mais on a vu mieux de la part du même capteur.

De nuit, les lumières directes forment des halos qui peuvent nuire à vos clichés. Le lissage logiciel est prononcé, faisant que le naturel de l’image est endommagé, quand le bruit vient perturber le piquet. Ceci étant, les photos restent exploitables.

Capteur avant

À l’avant, on retrouve un capteur de 16 mégapixels à objectif ouvrant en f/2,0. Comme vous pouvez le constater, sa grande faiblesse restera les larges plages dynamiques, les photos se retrouvant brûlées lorsqu’une source lumineuse forte se trouve dans votre dos. Autrement, la netteté et les couleurs restent correctes tout du long, sans émerveiller pour autant.

Plus que la qualité photo, qui est correcte, on notera le manque de fonctionnalité et l’interface vieillissante de l’application photo. Arrivé en 2019, il n’est pas acceptable de revenir autant en arrière en termes non seulement de possibilités offertes, mais aussi d’ergonomie. Même un smartphone vendu à la moitié du prix de celui-ci le sait.

Autonomie

Le Red Magic 3 s’équipe d’une large batterie de 5000 mAh. Rares sont les smartphones à afficher une telle capacité sur le marché, mais elle est en ligne avec ce que l’on attend d’un smartphone gaming censé pouvoir encaisser plusieurs heures de jeu par jour.

Sur notre test Viser personnalisé, le smartphone s’en tire comme l’un des meilleurs de l’année, avec un score de 13 heures 38 minutes le plaçant au top 5. À l’usage, on retrouve cette même longue autonomie, même si le mode jeu et son ventilateur actif auront tendance évidemment à consommer bien plus. Sans ventilateur, il ne chauffe pas tant que ça et gagne en autonomie. Il vaudrait presque mieux ne pas l’utiliser pour les joueurs nomades.

Concernant la charge, le Red Magic 3 est compatible avec une recharge rapide à 18W dont le bloc est fourni, quand le Snapdragon 855 permet d’aller beaucoup plus loin normalement. Celle-ci nous a permis de retrouver 38% d’autonomie en 30 minutes de charge, ce qui est… correct dans un marché où les charges à 25W et 40W sont désormais démocratisées. Il n’est pas compatible avec la recharge sans fil.

Galerie photo

Prix et date de sortie

Le Nubia Red Magic 3 est d’ores et déjà disponible en France. La version 8/128 Go est vendue 479 euros, tandis que la version 12/256 Go est vendu 599 euros.

À ce tarif et avec ces fonctionnalités gaming, il affronte notamment le Black Shark 2. Soutenu par Xiaomi, il est un bien meilleur rapport qualité/prix.

Test Red Magic 3 Le verdict

design
5
Toujours le même vieux design avec 2/3 changements mineurs, mais en plus grand, plus lourd, et donc moins confortable. Aucun effort pour renouveler une formule déjà réchauffée auparavant.
écran
6
Très bonne dalle AMOLED... dont on ne profite jamais des 90 Hz pourtant promis, et dont les réglages buggent souvent.
logiciel
4
Un Android presque pur, c'est bien. Dont il manque des fonctionnalités, qui n'est pas traduit la moitié du temps, qui est buggé et qui n'a pas changé depuis le précédent modèle où l'on pointait les mêmes problèmes, c'est nul.
performances
8
Le Snapdragon 855 est évidemment excellent. Le ventilateur actif n'y change rien et l'aide à peine, mais y rajoute un bruit audible dont on peut se passer sans entacher l'expérience. Pourquoi existe-t-il ?
caméra
6
Un bon capteur de milieu de gamme, et c'est tout. Les performances sont correctes, mais l'interface nous ramène 5 ans en arrière et les fonctionnalités sont absentes. En 2019, c'est difficilement admissible.
autonomie
8
Le Red Magic 3 a une excellente autonomie grâce à sa grande batterie 5 000 mAh, même si le ventilateur consommera inutilement. On ne comprend pas pourquoi la recharge rapide se limite à 18W, mais ça reste un bon point pour lui.
Note finale du test 4/10
Le Nubia Red Magic 3 promet une expérience gaming supérieure grâce à un écran 90 Hz, un ventilateur actif pour booster le Snapdragon 855, un logiciel optimisé pour le jeu avec des fonctionnalités dédiées, et une excellente autonomie avec sa batterie 5 000 mAh.

Le Nubia Red Magic 3 dispose d'un bon écran OLED dont on ne voit jamais le 90 Hz, un ventilateur actif bruyant qui n'occasionne pas de grand changement pour le Snapdragon 855, un logiciel ayant toujours les mêmes bugs désormais inadmissibles du modèle précédent, non traduit la moitié du temps qui plus est, et une excellente autonomie.

Tout ça pour toujours le même design mais en plus grand, plus lourd, et donc à la préhension moins agréable. Ni à acheter, ni à recommander.
Points positifs
  • Bon écran lumineux
  • Snapdragon 855 toujours aussi puissant
  • Excellente autonomie
Points négatifs
  • Quand s'active le 90Hz ?
  • Ventilateur bruyant et inutile
  • Logiciel buggé et à 50% traduit
  • Lourd et large
  • Absolument aucun effort de Nubia