Introduction

Motorola souhaite se concentrer sur la photo et plus précisément la macrophotographie avec le Motorola One Macro. Un pari intelligent ? Réponse dans notre test complet.

Le Motorola One Macro.

Après un Motorola One Action qui se prenait pour une action cam puis le One Zoom qui portait très bien son nom, place au Motorola One Macro. Comme cela se laisse deviner, le smartphone a la particularité de proposer un traitement spécial pour la macrophotographie. Ou comment faire des gros plans sur de petits sujets, si vous préférez. Commercialisé au tarif de 229,99 euros, il embarque un quadruple module photo, un écran de 6,2 pouces, 4 Go de mémoire vive, 64 Go d’espace de stockage ainsi qu’une batterie de 4 000 mAh.

Fiche Technique

Modèle Motorola One Macro
Version de l'OS Android 9.0
Interface constructeur Android Stock
Taille d'écran 6.2 pouces
Définition 1520 x 720 pixels
Densité de pixels 270 ppp
Technologie LCD
SoC Helio P70
Puce Graphique (GPU) ARM Mali G72 MP3
Mémoire vive (RAM) 4 Go
Mémoire interne (flash) 64 Go
Appareil photo (dorsal) Capteur 1 : 13 Mpx
Capteur 2 : 2 Mpx
Capteur 3 : 2 Mpx
Appareil photo (frontal) 8 Mpx
Enregistrement vidéo 1080p
Wi-Fi Wi-Fi 4 (n)
Bluetooth 4.2
Bandes supportées 2100 MHz (B1), 800 MHz (B20), 1800 MHz (B3), 2600 MHz (B7)
NFC Non
Capteur d'empreintes Oui
Ports (entrées/sorties) USB Type-C
Batterie 4000 mAh
Dimensions 75.4 x 157.6 x 9mm
Poids 186 grammes
Couleurs Bleu
Prix 229€
Fiche produit

Ce test a été réalisé à partir d’un smartphone fourni par la marque.

Un style très classique

Le Motorola One Macro arbore un style des plus classiques. Ses bordures ne font pas dans la finesse, notamment en ce qui concerne le menton. Celle qui surmonte l’écran accueille une encoche assez large en forme de goutte d’eau. Ses bords arrondis encadrent une dalle de 6,2 pouces au format 19:9. Le gabarit demeure assez grand, mais moins imposant qu’une grande partie des smartphones actuels. Il tient très bien en main.

Le Motorola One Macro a de larges bordures.

Le dos opte pour un dégradé noir et bleu marine. L’effet est plutôt bien réussi, mais il se voit rapidement gâché par les traces de doigts… Motorola a choisi comme matériaux le plastique et cela se ressent en main. Nous savons tout de suite que nous n’avons pas affaire à du haut de gamme. L’index tombe directement sur le capteur d’empreintes digitales, idéalement placé au centre et sur la partie supérieure de la surface. Le quadruple module photo se trouve intégré à la verticale dans le coin du haut, à gauche. Les caméras n’offrent presque pas de relief ce qui permet au smartphone de maintenir une certaine stabilité quand il est posé à plat.

Le dos en plastique attrape facilement les traces de doigts.

Le flanc droit héberge le bouton de mise en tension/verrouillage/déverrouillage, placé en dessous des touches pour le volume audio. Ces derniers sont facilement accessibles, même en tenant l’appareil d’une seule main. De l’autre côté, nous trouvons un tiroir à cartes qui peut contenir au choix deux nano SIM ou une nano SIM et une micro SD. La prise jack a été intégrée sur la tranche supérieure tandis que celle inférieure comporte un port USB Type-C, un micro et une grille de haut-parleurs.

Un écran loin de la réalité

L’écran de ce Motorola repose sur la technologie LCD IPS. Il affiche une définition HD+ (720 x 1 520 pixels) pour une résolution un peu juste de 270 ppp. En effet, les pixels sont visibles sur les icônes des applications. Ça ne fait pas très propre.

Notre sonde a mesuré une température des couleurs de 7 086 K. Un résultat qui s’éloigne de l’idéal des 6 500 K. Cela veut dire que les couleurs sont froides avec un blanc qui tire sur le bleu. Le Delta E sur l’espace DCI-P3 atteint 6,29 alors qu’il faudrait qu’il se rapproche de 3 pour que les différences ne soient vraiment pas discernables à l’œil nu. Notre protocole relève que l’écran couvre 98 % du spectre sRGB et 66 % du spectre DCI-P3.

Avec un contraste de 1843:1 et une luminosité maximale de 440 cd/m², la dalle maintient une bonne lisibilité même sous le soleil.

L’encoche est imposante malgré sa forme en goutte d’eau.

Pour mesurer la qualité de l’écran, nous avons fait appel à une sonde et au logiciel CalMAN Ultimate de Portrait Displays.

Android One pour vous servir

Côté logiciel, nous retrouvons Android One, une habitude pour la famille des Motorola One. Le label offre une expérience très proche d’Android Stock et un excellent suivi des mises à jour de sécurité Android. À ce propos, le dernier correctif de sécurité remonte au 5 septembre. Nous sommes actuellement le 15 novembre, nous espérons donc que Motorola va effectuer rapidement une nouvelle mise à jour !

Pas de surprise, l’interface implique un tiroir d’applications, un volet de notifications accompagné des raccourcis paramètres à dérouler et Google Actu sur l’écran de gauche. Le constructeur a glissé quelques fonctionnalités supplémentaire comme les fameux gestes moto pour lancer la lampe torche en un geste par exemple.

Nous aurions apprécié davantage d’éléments de personnalisation comme la navigation par gestes ou un mode sombre.

Des performances moyennes

Le Motorola One Macro embarque le MediaTek Helio P70 (MT6771) couplé à 4 Go de RAM et 64 Go de ROM, un espace de stockage qui peut être étendu jusqu’à 512 Go avec une micro SD. Il s’agit d’un SoC peu connu dans nos contrées, réservé avant tout au marché chinois. C’est la première fois que nous avons affaire à lui. Pour mesurer tout son potentiel, il s’est prêté au jeu des benchmarks et plus précisément à la toute dernière version de AnTuTu (v.8). Difficile de se lancer alors dans un comparatif des performances. À l’usage, nous remarquons que les animations pour les ouvertures d’applications se montrent assez longues. Le logiciel de l’appareil photo peine lui aussi à exécuter rapidement les tâches demandées. Hormis ces petits désagréments qui empêchent la navigation d’être véritablement fluide, il n’y a pas de gros problèmes à faire remonter.

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Jeux vidéo

Sur Arena of Valor, le jeu affiche la grande majeure partie du temps 30 fps. Nous avons observé de rares chutes de framerate à 29 fps, mais rien de grave. En 60 fps, même constat, le smartphone réussit à maintenir la plupart du temps les 60 fps, mais il arrive que cela chute à 59 fps. Dans Call of Duty Mobile, la qualité des graphismes et la fréquence d’images par seconde sont paramétrées d’office sur moyen. De cette manière, les parties se déroulent de façon limpide. En poussant les graphismes et les fps au maximum, quelques ralentissements peuvent survenir, mais cela reste de l’ordre de l’exception. L’expérience jeu mobile satisfait amplement pour un smartphone tarifé à moins de 230 euros.

En sollicitant le GPU, l’appareil chauffe principalement autour du module photo. Cela n’est pas gênant en main pendant les sessions de jeu. La chaleur se dissipe d’ailleurs assez rapidement.

Vers un macrophotophone ?

Le Motorola One Macro comporte un quadruple module photo comprenant un capteur principal de 13 mégapixels avec une optique ouvrant à f/2.0, un capteur de profondeur de 2 mégapixels (f/2,2), un troisième de 2 mégapixels avec un objectif macro dédié (f/2,2) et enfin, un capteur ToF pour les scènes 3D.

Quatre modules photo pour le Motorola One Macro.

Les photos prises de jour présentent un rendu des couleurs plutôt vif, un effet renforcé par un bon contraste. La gamme dynamique est, elle, bien maîtrisée, empêchant certaines zones de tomber dans la sur ou sous-exposition. Après les bons côtés, penchons-nous sur ce qui cloche avec ce premier capteur. Le traitement logiciel a tendance à trop lisser et supprimer les effets de textures et autres détails. En intérieur, si la scène ne se trouve directement sous la lumière du soleil, il peut il y avoir un peu de bruit.

Quand la lumière vient à manquer, le traitement logiciel devient trop lourd. Avec cet effet très lisse, nous avons l’impression qu’un rouleau compresseur est passé par là ! C’est sombre, ça manque cruellement de détails et pour le peu qui reste, c’est flou. Les sources de lumière, mal gérées, s’entourent d’un halo lumineux. Les clichés sont tout simplement ratés.

Le mode macro

Le mode macro est accessible depuis le menu des différents modes disponibles. Si vous tentez de faire une macrophoto, le logiciel sera en mesure bien souvent de vous le proposer automatiquement.

Le mode macro permet de capturer en détail et gros plan des éléments de petite taille.

De jour et en extérieur comme en intérieur, il faut avouer que les clichés comportent de nombreux détails, comme le montrent les poussières présentes sur BB8 de Star Wars. Cependant, nous notons également la présence de bruit qui vient un peu gâcher le résultat. La mise au point met parfois un certain temps à se stabiliser. L’objectif peut être rapproché au maximum à un tout petit peu plus de deux centimètres. Il arrive, particulièrement en intérieur, que les couleurs prennent une teinte totalement différente de la réalité. C’est le cas sur la photo représentant un pull en laine. Celui-ci apparaît violet alors qu’il est en réalité de couleur rouge bordeaux.

En basses lumières et en intérieur, les clichés ne manquent pas de détails comme le montre la photo de la bague par exemple. Mais attention, ils se trouvent pollués par une importante quantité de bruit électronique. Constatez par vous-même l’ampleur de ce phénomène. Parfois, le capteur réagit étrangement et des zones floues apparaissent sur les photos de façon un peu hasardeuse. Enfin, nous aurions apprécié un stabilisateur de meilleure qualité pour ce type de clichés qui demande de la précision.

Le mode portrait

De jour, le mode portrait de l’appareil photo dorsal offre un découpage du sujet réussi : toutes les mèches semblent être prises en compte. Une molette permet de jauger l’effet de profondeur. L’arrière-plan réussit à rendre compte d’une certaine profondeur. Une impression peu réaliste se dégage tout de même, comme si la personne photographiée n’était qu’un autocollant posté sur une autre image.

Voyons maintenant ce que ce mode portrait donne en basses lumières… beaucoup de bruit, de flou et peu de détails ! L’effet stickers évoqué juste au-dessus saute là encore aux yeux.

Les autoportraits

La caméra avant et ses 8 mégapixels capture des selfies convenables en journée. Au premier coup d’œil nous pourrions penser que le détourage est impeccable, mais en regardant de plus près, nous nous rendons compte que celui-ci se montre plutôt grossier notamment du côté des mèches de cheveux. Autrement, les couleurs se rapprochent assez bien d’un rendu naturel et le nombre de détails, quand vous avez désactivé le mode beauté, suffit pour partager ses autoportraits sur les réseaux sociaux.

En basses lumières, c’est déjà moins satisfaisant, tant le bruit vient contaminer les clichés. Les détails se font avares et le flou s’installe bien malheureusement. Ne comptez pas trop dessus pour éterniser vos plus beaux sourires en soirée !

Réseaux et Communication

Le Motorola One Macro compte sur une compatibilité avec l’ensemble des bandes de fréquences françaises, dont la B28, souvent laissée pour contre au grand dam des abonné·e·s à Free Mobile. Il peut se connecter au Bluetooth 4.2 et au Wi-Fi 802,11 b/g/n. Le NFC est aux abonnés absents, dommage pour les paiements en ligne !

Enfin, les services de géolocalisation retenus sont le GPS, A-GPS, LTEPP, SUPL, GLONASS et Galileo. La boussole n’en fait souvent rien qu’à sa tête, il vaut mieux vérifier que celle-ci se positionne bien avant de se lancer dans un itinéraire.

Avec sa batterie de 4 000 mAh, le Motorola One Macro profite d’une très belle autonomie. À l’usage, il tient sans problème deux journées complètes. Cela se confirme avec notre protocole de test SmartViser, qui a calculé une autonomie de 16 heures et 54 minutes, soit le meilleur résultat enregistré jusqu’alors.

Si nous regardons ce que fait la concurrence, il se place bien au-dessus. À titre d’exemple le Xiaomi Mi A3 ne dépasse pas les 11 heures et 33 minutes.

Le Motorola One Macro profite d’un port USB Type-C.

La marque fournit un boîtier de charge de 10 W. Il faut patienter environ deux heures et dix minutes pour passer de 3 à 100 % de batterie. Un temps assez long, mais qui reste cohérent pour ce marché ; le Redmi Note 7 demande lui 2 heures tout rond.

Prix et Disponibilité

Le One Macro de Motorola sera disponible au prix de 229,99 euros le 2 décembre. Une ODR de 30 euros, valable jusqu’à la fin de l’année, fait descendre son tarif à 199,99 euros. Amazon indique que ce dernier peut être précommandé, mais le lien ne fonctionne pas pour le moment. Il fait face à des smartphones sortis un peu plus tôt qui ont vu leur prix descendre comme le Xiaomi Mi A3, l’incontournable Redmi Note 7, le Samsung Galaxy A40, le Huawei P smart 2019 qui commence certes à dater ou encore le plus récent et légèrement plus cher Redmi Note 8 Pro.

Galerie Photo

Test Motorola One Macro Le verdict

design
7
Classico-classique ce Motorola. Il tient bien en main grâce à la bonne disposition des boutons et un gabarit pas trop imposant. Néanmoins, nous regrettons la présence de ces larges bordures et ce notch particulièrement grossier.
écran
6
La dalle IPS souffre d'un manque de résolution et d'une colorimétrie dans les choux. Le rendu se montre trop froid et éloigné de la réalité.
logiciel
8
Avec Android, nous ne sommes ni surpris, ni déçu. Même si Moto a ajouté quelques petits éléments de personnalisation, nous aurions aimé plus de possibilités comme un mode sombre par exemple.
performances
7
Globalement, les performances sont honorables et suffisent pour le gaming. Nous avons juste relevé quelques lenteurs lors des animations pour l'ouverture d'applications.
caméra
7
Avec « macro » dans le nom, la partie photo du smartphone était attendue au tournant. Même si on peut saluer l'effort fourni pour cette originalité, le résultat ne satisfait pas toujours. L'expérience photo se montre convenable de jour mais décevante de nuit.
autonomie
9
C'est un sans faute ou presque du côté de la batterie ! Avec deux bonnes journée d'autonomie et un quasi record sur notre protocole de test, il frôle l'excellence. Dommage que le temps de recharge soit encore un peu trop long.
Note finale du test 7/10
Motorola a voulu proposer un smartphone accessible et doté d'un appareil photo original. L'idée et l'effort sont salutaires ; la marque essaye bien souvent d'innover (Moto Mods, One Action, One Zoom, etc.). Malheureusement, et avec toutes les bonnes intentions du monde, cela ne suffit pas à créer le produit parfait. Le mode macro peut parfois satisfaire, mais il arrive aussi à nous décevoir. Dommage, puisque la marque semble beaucoup miser sur cette feature pour vendre son appareil.

Autrement, il profite de quelques avantages comme le label Android One, des performances honorables et surtout, une excellente autonomie. Des inconvénients, nous retiendrons son écran peu qualitatif.

Pour 229,99 euros, le Motorola One Macro aura du mal à rivaliser avec les smartphones de Xiaomi, d'autant plus que le Mi A3 profite lui aussi d'Android One.
Points positifs
  • L'originalité d'un objectif dédié à la macrophoto
  • Une belle autonomie
  • L'avantage d'Android One
Points négatifs
  • Expérience photo décevante compte tenue de la promesse
  • Un écran peu qualitatif