Tesla Semi : on devrait croiser de plus en plus le camion électrique sur les routes, mais pas en Europe

 

Tesla vient d'annoncer un investissement de 3,6 milliards de dollars pour son usine située dans le Nevada. Celle-ci va s'agrandir avec deux nouveaux sites de production, un premier destiné aux nouvelles batteries 4680 et un second qui accueillera l'assemblage de son camion électrique, le Semi. Ce qui montre l'énorme ambition de Tesla pour les années à venir pour rester leader de la voiture électrique.

Depuis quelques mois, la situation est assez ambivalente pour Tesla. Si la marque a battu son record de ventes en ayant livré plus d’un million de voitures dans le monde entier en 2022, elle a également connu de nombreuses difficultés, notamment en fin d’année. En effet, les ventes ont fortement baissé, notamment en Chine et aux Etats-Unis, entraînant une forte chute des prix afin d’écouler les stocks de Model 3 et Model Y qui s’accumulaient. IOn s’attendait même à ce que l’entreprise vive la pire année de son histoire en 2023, en raison notamment de la concurrence grandissante des marques chinoises. Mais c’était sans compter sur les énormes baisses de prix qui ont permis de faire repartir la demande à la hausse.

Un lourd investissement

Mais cela ne semble pas faire peur à Elon Musk, qui prévoit même d’augmenter les investissements de Tesla. Et la Gigafactory située dans le Nevada serait particulièrement concernée. Comme le précise un article de blog publié sur le site du constructeur, ce dernier a déjà investi plus de 6,2 milliards de dollars dans ce site de production depuis 2014. Résultat, plus de 7,3 milliards de cellules de batteries ont été produites, soit l’équivalent de 37 GWh par an. À titre de comparaison, le géant chinois CATL, désormais implanté en Europe a produit 100 GWh en 2021.

C’est notamment pour cela que l’entreprise vient tout juste d’annoncer un nouvel investissement colossal, de 3,6 milliards de dollars, soit l’équivalent de 3,3 milliards d’euros selon le taux de change actuel. Comme le rappelle le site Electrek, nous sommes alors très loin des plans initiaux de Tesla, qui prévoyait alors d’investir seulement 3,5 milliards de dollars dans cette usine, afin de produire 35 GWh de batteries chaque année, en employant 6 500 personnes. Cet investissement permettra de grimper à 100 GWh de batteries par an.

Aujourd’hui, le site compte pas moins de 11 000 salariés, tandis que 3 000 nouvelles embauches sont prévues dans le cadre de l’agrandissement de la Gigafactory américaine. Deux nouveaux sites seront également construits avec ce nouvel investissement, mais tout n’est pas encore totalement clair pour l’instant.

Tesla prévoit jusqu’à 250 GWh par an après l’extension de son usine de Berlin. De quoi équiper près de 4 millions de voitures par an, en plus du million permis par cette future usine au Nevada.

Un camion électrique et de nouvelles batteries

Tesla précise dans son post que deux nouvelles usines seront construites. La première produira les nouvelles batteries 4680, qui équipent déjà quelques Model Y produites à Austin au Texas. En décembre dernier, 868 000 cellules avaient été produites en une semaine, permettant d’équiper environ 1 000 véhicules. Avec une production supplémentaire dans le Nevada, le rythme devrait alors continuer à s’accélérer, permettant de démocratiser ces batteries moins chères et offrant une meilleure densité, et donc une autonomie accrue.

Ainsi, elles permettront de patienter avant l’arrivée des batteries solides, qui ne devrait pas se faire avant plusieurs années selon les experts. Une seconde usine accueillera quant à elle la production du Tesla Semi, dont les premières livraisons ont eu lieu en fin d’année dernière. Si le camion électrique est déjà assemblé dans cette Gigafactory, cette nouvelle ligne devrait permettre d’accélérer la cadence.

Une fois ces travaux terminés, Tesla projette de pouvoir assembler cinq camions électriques par semaine. Au total, ce sont alors 500 unités qui devraient être produites par an aux États-Unis, alors que les commandes ne sont pour l’instant pas encore ouvertes en Europe. Lorsque ce sera le cas, Tesla devra alors rivaliser avec des marques plus traditionnelles, comme Volvo et Renault Trucks. Néanmoins, cette dernière propose pour l’instant des modèles plus petits, destinés à d’autres usages et des voyages plus courts. Car pour rappel, le Semi serait capable de parcourir jusqu’à 800 kilomètres en une seule charge avec un chargement de 37 tonnes.


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