Tesla vs Mercedes : le constructeur allemand est moins impatient qu’Elon Musk

 

Mercedes croit dur comme fer au développement de la conduite autonome. Si la firme à l'étoile propose déjà la conduit autonome de niveau 3 sur ses voitures, elle pense que la technologie de niveau 4 sera accessible avant la fin de la décennie. Une stratégie totalement différente d'Elon Musk qui souhaite que les Tesla soient 100 % autonomes le plus rapidement possible.

Si certains constructeurs ont décidé de

ralentir sur la conduite autonome, comme Ford, qui propose tout de même le meilleur système selon une étude de Consumer Reports, d’autres sont bien plus investis. On pense alors instantanément à Tesla, qui s’apprête à inaugurer son Hardware 4 améliorant les performances de son FSD (full self-driving), tandis qu’elle commence à déployer son système Tesla Vision basé sur les caméras.

Mercedes y croit

Mais la firme d’Elon Musk, qui a organisé hier son Investor Day est un peu à la traîne tout de même, en se limitant légalement au niveau 2. Tesla doit faire face à une concurrence très rude de la part d’un constructeur européen. Il s’agit de Mercedes, qui travaille également activement au développement de sa conduite autonome, via le système Drive Pilot.

Ce dernier est actuellement le premier à être homologué en Europe pour la conduite autonome de niveau 3. Il vient également d’être approuvé au Nevada, ce qui permet à la firme à l’étoile de dépasser Tesla. En effet, le FSD, techniquement de niveau 3, mais légalement de niveau 2, que nous avons eu la chance de tester est pour l’instant encore en bêta-test aux États-Unis.

Mercedes Drive Pilot
Mercedes Drive Pilot

Et il se pourrait que Mercedes s’apprête encore à prendre plus d’avance sur son rival américain. En effet, le constructeur serait déjà en train de plancher sur le développement d’un système autonome de niveau 4. Selon Markus Schäfer, ingénieur en chef relayé par Automotive News, celui-ci pourrait tout à fait être atteint avant la fin de la décennie. Une échéance également annoncée pour l’arrivée des batteries solides sur des voitures de série.

Pour rappel, le niveau 4 se différencie du précédent par le fait que le conducteur n’ait plus besoin de contrôler que tout se passe bien lors de la conduite. Aussi connu sous le nom de « eyes off / hands off / mind off”, ce niveau permet de pouvoir se reposer, lire ou encore travailler pendant que le véhicule circule. Il est ainsi possible de retirer le volant et les pédales, comme c’est le cas sur certaines navettes autonomes comme celles de Hyundai en Corée ou de Waymo.

Avec le niveau 4, en cas de problème sur le trajet, la voiture ne va pas vous demander de reprendre la main, contrairement au niveau 3. Mais le niveau 4 est activable uniquement sur certaines routes ou zones contrairement au niveau 5 qui pourra être activé n’importe où.

Encore quelques obstacles

Selon le porte-parole de Mercedes, il y aurait bel et bien de la demande pour ce type de technologie, plus particulièrement en Chine où la circulation est très congestionnée et où les embouteillages peuvent durer plusieurs heures. Ce système permettrait également de supprimer les « bouchons fantômes », qui se forment sans raisons apparentes et qui sont causés par la conduite irrégulière des autres automobilistes.

Pour arriver à développer cette technologie, Mercedes pourra sans doute compter sur son partenariat récemment signé avec l’entreprise américaine Luminar Tech. Celle-ci vient d’ailleurs tout juste de dévoiler un tout nouveau capteur LiDAR offrant une plus grande portée, permettant d’améliorer la conduite autonome de niveau 3.

Mercedes-Benz EQS

Pour rappel, cette technologie est déjà autorisée en Europe et en France depuis cet été à une vitesse maximale de 130 km/h, bien que le Drive Pilot se limite à 90 km/h, ce qui pourrait changer avec ce nouveau LiDAR. Ce système est actuellement disponible uniquement sur les Mercedes EQS et Classe S.

Cependant, certains obstacles juridiques doivent encore être surmontés. En effet, pour que le niveau 4 puisse être proposé aux clients, il devra d’abord être homologué et approuvé par les autorités des différents pays. C’est déjà partiellement fait en Allemagne, où une loi autorise celui-ci dans certaines zones publiques spécifiques.

La question de la responsabilité se pose également, puisque dans ce cas, c’est le constructeur qui doit assumer les conséquences en cas d’accident. Ce qui devrait en refroidir pas mal, dont Tesla, qui ne souhaite donc pas proposer son FSD en Europe pour l’instant alors qu’elle est déjà sous le coup de plusieurs enquêtes aux États-Unis concernant son Autopilot. Les marques devront être tout à fait sûres de leurs technologies avant de les proposer à leurs clients.

Rappelons qu’Elon Musk annonce l’arrivée de la conduite 100 % autonome depuis des années alors que nous l’attendons toujours.