Aujourd’hui il existe plusieurs technologies d’affichage, la majorité des appareils emploient la technologie LCD (Liquid Crystal Display qui signifie écran à cristaux liquides en français), mais depuis quelques années les écrans OLED (Organic Light-Emitting Diode qui signifie diode électroluminescente organique en français) font leur apparition. Ce nouveau type d’écran est doté de nombreux atouts et pourrait devenir la technologie dominante dans un futur proche. Les détails sur cette technologie dans la suite !

I Un peu d’histoire pour commencer

Le premier brevet fut déposé en 1987 et la première application commerciale est faite dix ans plus tard en 1997, mais il faut savoir que les recherches se font depuis 1960. Bref, l’OLED n’est pas aussi jeune qu’on pourrait le croire ! Aujourd’hui de nombreux appareils sont équipés d’écran AMOLED (Active-Matrix OLED qui signifie matrice active OLED), il s’agit tout simplement d’un écran OLED à matrice active, cela fait référence à une technique d’adressage des pixels ou chaque pixel est commandé indépendamment des autres ; cette technique est adaptée aux écrans de grande taille et dotés de résolution élevée, elle permet également une baisse de la consommation et prolonge la durée de vie de l’écran. Les écrans OLED sont devenus la principale alternative aux écrans LCD. Même si en cet instant, les appareils équipés sont pour la grande majorité des smartphones, plusieurs constructeurs ont déjà présenté des téléviseurs utilisant cette technologie. Voilà ! Vous l’aurez compris, l’OLED est promis à un brillant avenir ! Mais pourquoi adopter cette technologie ? Qu’apporte-t-elle vraiment ?

II Du bon et du mauvais

Les écrans OLED disposent de nombreux avantages par rapport aux écrans LCD :

  • Meilleur rendu des couleurs (100 % du diagramme NTSC qui définit les couleurs visibles par l’œil humain)
  • Meilleur contraste (jusqu’à 1 000 000:1, probablement l’avantage le plus connu, les fameux « noirs parfaits »)
  • Amélioration des angles de vision
  • Un temps de réponse imbattable et inférieur à 0,1 ms.
  • Des écrans très fins et même flexibles (gain de place important dans nos smartphones, etc)
  • A terme, un coût de production très avantageux

Malheureusement tout n’est pas rose dans le petit monde des OLEDs (la tendance est plus sur le bleu…)

  • Le grand défaut de ces écrans est la durée de vie, ce facteur s’améliore constamment mais c’est encore le point principal à améliorer.
  • Le deuxième problème, plus subtil, est la miniaturisation. Les écrans à LED organiques sont les plus fins, mais dans un monde où l’on parle de Retina et de full HD, l’augmentation de la densité de pixels (PPP, pixels par pouce) est essentielle. Comment faire des OLEDs encore plus petits et durables ?

III Coucou, tu veux voir ma matrice ?

Le bon vieux RGB

Avant, on ne parlait que très peu des sous-pixels, c’est normal, il n’y avait pas grand-chose à dire. Il en fallait un rouge, un vert et un bleu pour reproduire toutes les couleurs, on appelle cet arrangement une matrice RGB (Red, Green, Blue). Bref, rien de bien compliqué !

Exemple d'un arrangement RGB

Exemple d’un arrangement RGB

Le petit nouveau, c’est PenTile

En voulant faire des afficheurs OLED dotés d’une densité de pixels élevée, un problème est apparu. D’après les fabricants, il n’y avait pas assez de place pour une matrice RGB, il n’était pas possible de placer assez de sous-pixels ; de plus, au delà d’un certain point (environ 230 pixels par pouce) la miniaturisation des sous-pixels bleus les rend trop fragiles, elles se détériorent trop rapidement et ne sont pas assez fiables. Il fallait donc trouver une solution, celle choisie fut la matrice PenTile. Il s’agit d’un arrangement particulier des sous-pixels permettant de faire des écrans ayant un nombre de sous-pixels total inférieur à celui d’un afficheur équipé d’une matrice RGB, et cela tout en conservant la même résolution.

La plus connu est la PenTile RGBG (Red, Green, Blue, Green), employée par Samsung sur les Galaxy S, S3 et Note entre autres.

Exemple d'un arrangement RGBG

Exemple d’un arrangement RGBG

Il existe une variante dénommé PenTile RGBW (Red, Green, Blue, White), mais cette dernière est employée uniquement sur les écrans LCD. Elle permet de réduire la consommation des afficheurs (employée sur le Motorola Atrix par exemple).

Ces nouvelles matrices permettent donc aux écrans AMOLED d’atteindre des densités de pixels plus élevées qu’avec un arrangement classique RGB, il existe cependant un défaut. L’utilisation du PenTile réduit légèrement la netteté de l’afficheur. Par exemple, l’écran d’un Samsung Galaxy S 3 est un peu moins net que celui d’un HTC One X (ce dernier utilise la technologie LCD RGB). Ils ont pourtant la même définition (1280/720) et disposent d’une diagonale quasiment identique (4,8 pouces sur le Galaxy S 3 et 4,7 pouces sur le One X). Ce « défaut » n’en sera bientôt plus un avec la sortie imminente des écrans Super AMOLED Full HD. La densité de pixels va s’élever à plus de 440 pixels par pouce, on ne devrait donc plus voir la différence entre une matrice RGB et une matrice Pentile. Mais une question subsiste, qu’en est-il des couleurs ?

IV Mon Dieu ! Que c’est vif ! Mais, est-ce vraiment réaliste ?

Les écrans AMOLED des smartphones impressionnent au premier regard et ne laissent personne indifférent. Mais les couleurs sont généralement trop vives et le Delta E moyen est souvent trop élevé (ce nombre exprime l’écart entre la couleur affichée et la réalité, plus il est faible, mieux c’est). Pour faire simple, c’est joli à regarder mais n’est pas représentatif de la réalité. Certains adorent, d’autres détestent. Il faut tout de même savoir que cette colorimétrie n’est pas due à la technologie OLED en elle-même, il s’agit du calibrage fait par les constructeurs. Je tiens également préciser que le Delta E moyen tend à s’améliorer (le Galaxy S 3 affiche des couleurs plus fidèles que celles du Galaxy S 2, etc).

Pour conclure, les écrans OLED disposent d’atouts de taille et vont continuer à se répandre sur de plus en plus de supports. Même si certains défauts existent encore, ces petites imperfections disparaissent rapidement, il ne faut pas oublier que les premiers afficheurs LCD n’étaient pas exempts de défauts, loin de là !

Voilà, j’espère que mon petit article vous aura plu, si vous souhaitez avoir de plus amples informations sur les écrans AMOLED voici un article très intéressant : (mais tout en anglais !) http://www.displaymate.com/OLED_Galaxy_S123_ShootOut_1.htm